Brève Au Cour du Lait Novembre 2006

Relation entre souches d'Escherichia coli et sévérité des mammites colibacillaires.

Les bovins atteints de mammite colibacillaire peuvent présenter une grande variabilité du tableau clinique allant d’une inflammation localisée à une atteinte sévère de l’état général, associée à un état de choc lui-même souvent lié à une bactériémie. Existe-t-il une relation entre les caractéristiques de la souche d’E. coli incriminée (sérotype génotype, gènes de virulence) et la nature du tableau clinique?

 

L’objectif de cette étude était d’évaluer la relation entre les différentes souches d’E. coli isolées lors de mammites et différents niveaux d’atteinte de l’état général.

123 prélèvements de laits issus de 123 vaches (provenant de 6 troupeaux bovins laitiers) atteintes de mammite colibacillaire ont été réalisés.

Sur la base d’un examen clinique standard, le degré de la sévérité de la mammite colibacillaire a été évalué pour chacune des 123 vaches. L’atteinte était ainsi définie comme légère, modérée ou sévère.

Chaque prélèvement de lait a fait l’objet d’une recherche bactériologique associant recherche classique de colonies d’E. coli sur gel d’agarose et identification en galerie API 20E.

Le sérotypage a été réalisé par séroagglutination.

La recherche de gènes de virulence a été pratiquée par PCR. 4 gènes ont été recherchés:

  • Gène eaeA: gène codant pour l’intimine (protéine majeure pour l’adhésion de la bactérie à la cellule)
  • Gènes CNF1 et CNF2 (cytotoxic necrozing factor): responsables de dommages vasculaires et de microangiopathie
  • Gènes cs31a: retrouvé également lors de gastro-entérite paralysante (septicémie).

Le génotypage a été permis conjointement par recours à la PCR et analyse des amplicons obtenus par un logiciel de reconnaissance de séquences.

Parmi les 123 vaches étudiées, 57 ont été classées comme atteintes d’une mammite de type légère (peu de répercussions sur l’état général), 38 de type modérée et 28 de type sévère.

Parmi les 123 isolats obtenus, le sérotypage a pu être réalisé sur 72 échantillons. Aucun sérotype prédominant n’a été identifié dans les 6 troupeaux et ce quel que soit le degré de sévérité de l’atteinte.

Aucune corrélation n’a été retrouvée entre les gènes de virulence identifiés (toujours isolés de façon unique par ailleurs) et le tableau clinique observé. Le choix des facteurs de virulence est discutable notamment en l’absence de recherche du LPS (lipopolysaccharide), mais les CNF (1 et 2) sont des éléments constitutifs de la réaction inflammatoire néfaste pour l’animal. La recherche de cs31a, motivée par sa caractéristique septicémique n’a pas permis de mettre en évidence une relation particulière avec des formes cliniques plus sévères.

L’analyse du génotypage n’a pas permis de mettre en relation un groupe de génotype particulier (encore nommé cluster) avec un tableau clinique donné. L’auteur en conclut donc qu’une très grande diversité de souches circule dans l’ensemble des élevages et confirme le caractère opportuniste d’E. coli.

Au final la sévérité de la mammite clinique colibacillaire relèverait plutôt de facteurs individuels que de caractéristiques de l'agent.

 

Référence :
WENZ et coll. : Escherichia Coli Isolates’ Serotypes, Genotypes, and Virulence Genes and Clinical Coliform Mastitis Severity. J. Dairy Sci. 2006 (89), 3408-3412.