Brève Au Cour du Lait Février 2007

Le typage de séquence multi-locus (ou MLST) révèle une similitude des populations de Streptococcus uberis responsables d'infections intra-mammaires de courte ou de longue durée.

L'objectif de cette étude était de comparer les souches de Streptococcus uberis isolées lors d'infections intra-mammaires de courte durée ou persistantes à l'aide de la technique de MLST. Ceci afin de déterminer si les infections chroniques de longue durée étaient dues à une infection persistante avec la même souche ou à de nouvelles infections, et d'investiguer si certaines souches étaient plus préférentiellement responsables d'une forme chronique.

 

Pour ce faire, ont été utilisées des souches issues d'un seul élevage suivi durant deux ans (1995-1997), au sein duquel de nombreux prélèvements de laits ont été effectuées régulièrement. Aucun traitement antibiotique n'était pratiqué. Les isolats retenus ont été ceux associés à la présence d'infections intra-mammaires à Streptococcus uberis persistantes durant plus de 3 mois consécutivement. On retenait alors le premier et le dernier isolat disponible : on disposait ainsi d'une paire d'isolat. Au final, 33 paires d'isolats de Streptococcus uberis associés à des infections persistantes étaient disponibles. De plus, 17 isolats issus d'infections intra-mammaires à Streptococcus uberis de courte durée ont été retenus. Les isolats ainsi retenus ont tous été analysés à l'aide de la MLST qui permet de déterminer pour partie des séquences génomiques d'intérêt et ainsi de déterminer les souches en cause. L'intérêt de cette technique est sa très grande spécificité et la discrimination des souches qu'elle permet. Elle s'intéresse plus particulièrement à des gènes dont l'évolution est très lente et donc très discriminante.

Parmi les 33 infections chroniques retenues :

  • Dans 24 cas, les deux isolats de la paire ont été identifiés comme identiques à l'aide de la MLST. Ceci milite donc pour une infection persistante avec le même germe.
  • Pour les 9 autres cas, une autre séquence a été identifiée sur l'isolat tardif. Ceci milite pour ces cas pour une ré-infection au sein de la même lactation par une autre souche.

La durée des infections chroniques observées a varié de 50 à 260 jours.

Les souches impliquées dans les infections de courte ou de longue durée appartenaient à la même lignée de façon majoritaire. La durée de l'infection intra-mammaire à Streptococcus uberis semble ainsi être liée plutôt à des facteurs qui tiennent à l'individu, à la vache, plutôt qu'au streptocoque (uberis) en cause.

Enfin, des prélèvements ont été effectuées en 2002 afin de comparer les souches isolées en 95-97 et en 2002. Si un complexe dominant identique a pu être mis en évidence aussi bien en 95-97 qu'en 2002, les souches au sein de ce complexe ont toutefois variées. Ce complexe se caractérise par l'encapsulation aisée du streptocoque facilitant ainsi probablement sa survie au cours du temps. La MLST ouvre donc des perspectives pour le suivi des profils des IIM à Streptococcus uberis au cours du temps. Ceci d'autant plus que cette technique s'intéresse à des gènes dont l'évolution est lente, ainsi des modifications génétiques mineures ne seraient pas à même de perturber l'identification des souches incriminées.

 

Référence :

Pullinger et al.: Multilocus-sequence typing analysis reveals similar populations of Streptococcus uberis are responsible for bovine intramammary infections of short and long duration. Veterinary Microbiology. 2007 (119), 194-204.