rève Au Cour du Lait Décembre 2006

Etude clinique des mammites suraiguës chez 56 vaches.

Des troubles digestifs en hypo (hypomotilité ruminale, iléus), une leucopénie caractérisée par une neutropénie et une lymphopénie, des muqueuses congestionnées et une forte urémie sont autant de signes cliniques devant faire suspecter l'existence d'une mammite toxinique en plus des signes classiquement admis.

 

Le tableau clinique d'une mammite toxinique inclut classiquement apathie, anorexie, hyper (ou hypo)thermie, faiblesse musculaire et inflammation majeure de la mamelle (avec une sécrétion lactée modifiée). Toutefois établir un diagnostic de certitude, a fortiori un diagnostic étiologique, n'est jamais aisé.

L'objectif de cette étude était de décrire, au sein d'une population de 56 vaches atteintes de mammite toxinique, les signes cliniques et les résultats des analyses bactériologiques, hématologiques et biochimiques observés.

Dans les 24 heures suivant leur hospitalisation (à l'université de Zurich), 17 ont été euthanasiées (ou sont mortes naturellement). Parmi les 39 bovins ayant survécu, la durée de traitement nécessaire a varié de 2 à 14 jours (médiane de 7 jours).

Parmi les signes cliniques observés (cf. tableau 1), en plus des signes classiques (anorexie, abattement, inflammation de la mamelle), on note fréquemment une atonie ruminale, un iléus paralytique, une tachycardie et une sclère injectée de sang. Les systèmes cardiovasculaires et digestifs sont ainsi également affectés. Les troubles digestifs (de type stase) peuvent trouver leur origine dans la production de prostaglandines E et/ou dans la stimulation des récepteurs adrénergiques par les toxines.

Parmi les modifications hématologiques et biochimiques, on note principalement une leucopénie (neutropénie classique lors de bactériémie mais lymphopénie également). On note également des valeurs élevées de l'urée et de l'ASAT (en rapport avec les lésions rénales induites par les toxines). Ces indicateurs peuvent permettre de différencier une atteinte purement digestive (suspectée sur la base de l'iléus ou de l'atonie ruminale) d'une atteinte toxinique. Un temps de coagulation avec la glutaraldéhyde plus court signe quant à lui la présence en grande quantité de protéines dans le sang (gammaglobulines, fibrinogène).

Parmi les bactéries mises en évidence, E. coli et Stapylococcus aureus ont été les plus fréquemment observées (E. coli moins fréquemment que dans d'autres études mais Staphylococcus aureus plus fréquemment à l'inverse : cf. tableau 2). Toutes les mammites toxiniques ne sont pas dues à E. coli.

Tableau 1. Signes cliniques observés parmi les 56 vaches de l’étude

Signe clinique

% d’animaux concernés

Station debout impossible

21

Etat général très affecté

8

Coliques

27

Anorexie

43

Dysorexie

46

Hypothermie

5

Hyperthermie

30

Polypnée

7

Tachycardie

71

Sclère congestionnée

57

Muqueuses congestionnées

32

Muqueuses cyanosées

7

Atonie ruminale

48

Iléus intestinal

70

1 quartier atteint

53

2 quartiers atteints

25

3 quartiers atteints

7

4 quartiers atteints

14

Lait modifié

25% des quartiers

Tableau 2. Résultats des examens bactériologiques pratiqués à partir des échantillons de laits prélevés à partir de 61 quartiers des 56 vaches de l’étude

Espèce bactérienne

Nombre de quartiers infectés

Escherichia Coli

26

Staphylococcus aureus

11

Autres Streptococci

8

Bacillus species

4

Autres Staphylococci

3

Klebsiella spp

1

Aspergillus fumigatus

1

Yersinia pseudotuberculosis

1

Levure

1

Aucune croissance

2

Résidus antibiotiques

3

 

Référence :
U. BLEUL et coll. : Clinical findings in 56 cows with toxic mastitis. Veterinary Record. 2006 (159), 677-680