Brève Au Coeur du Lait
Decembre 2011

Quelle est la prévalence des ulcères de sole dans les élevages néerlandais et quels sont les facteurs de risque ?

 

Les ulcères de la sole représentent une complication fréquente des boiteries et sont souvent à l’origine de complications sévères entrainant une réforme prématurée des animaux. L’objectif de cette étude menée au Pays-Bas était d’estimer la prévalence des ulcères de la sole dans les troupeaux bovins laitiers ainsi que d’en investiguer les facteurs de risque.

Pour ce faire, les auteurs ont mené une enquête transversale dans 383 troupeaux (taille moyenne de 59 vaches, en stabulation libre, logettes pour la plupart) pour lesquels les données issues du parage de toutes les vaches étaient disponibles. Un questionnaire visant à recenser les informations relatives au logement et aux pratiques d’élevage a également été mis en œuvre. Enfin, des données individuelles (rang de lactation, stade de lactation, race) ont été collectées. La prévalence de troupeaux détenant au moins une vache avec ulcère de la sole a été décrite de même que la distribution des vaches atteintes en intra-troupeau. Les facteurs associés à un risque accru d’ulcères de la sole ont été recherchés Dans un dernier temps, la fraction attribuable de boiterie dans la population pour chaque facteur de risque détecté a été calculé afin d’estimer a priori, combien de cas auraient pu être prévenus si ce facteur avait été maitrisé.

Il en ressort :

  • Une prévalence à l’échelle du troupeau très importante : 85%
  • Une prévalence à l’échelle individuelle de 5,6%
  • Une prévalence intra-troupeau entre 1 et 5% dans la plupart des élevages (maximum de 26%)
Les principaux facteurs de risque retrouvés sont :
  • La parité (multipares plus à risque) de même qu’un stade de lactation plus avancé
  • La présence de bleimes, de décollement-maladie de la ligne blanche, et de limace
  • Le type de couchage dans les logettes (les vaches sur matelas avaient un risque minoré par rapport à celles sur paille ou copeaux)
  • L’achat de génisses à l’extérieur (ces troupeaux étaient plus à risque)
  • La période de parage des vaches (les vaches parées en fin d’été étaient plus à risque que celles parées en hiver)
Les auteurs ont estimé que s’il y avait eu absence de lésions de bleimes, de décollements de la ligne blanche et de limaces , respectivement 35%, 12% et 5% des ulcères de la sole auraient pu être évités.

 

Au total, les éleveurs considéraient que la douleur engendrée par les boiteries était l’impact le plus négatif. De façon concordante la raison/motivation la plus souvent invoquée par les éleveurs était la fierté d’avoir un troupeau en bonne santé. Les critères relatifs aux coûts de traitement et d’éventuelles certifications étaient certes cités mais finalement de moindre importance aux yeux des éleveurs que la satisfaction d’avoir des vaches en bonne santé. Ce sont autant d’éléments à prendre en compte pour réfléchir à la stratégie de communication pour la mise en œuvre de plans de maîtrise des boiteries en élevage.

 

Référence :
Holzhauer M, Hardenberg C, Bartels CJM :
Herd and cow-level prevalence of sole ulcers in the Netherlands and associated risk factors. - Preventive Veterinary Medicine (2008), 125-135.