Brève Au Coeur du Lait Octobre 2011

Le niveau de contrôle du parasitisme en première saison de pâture influence-t-il les performances des bovins en seconde saison ?

 

L’objectif de cette étude menée en Suède était de déterminer si les performances de bovins en seconde saison de pâture étaient liées aux niveaux de contrôle du parasitisme employés lors de leur première saison de pâture.

 

Pour ce faire, une étude a été menée sur 3 ans au sein d’un élevage de broutards. Chaque année en mai, 40 broutards mâles castrés en première saison de pâture (Holstein, Red Swedish) étaient répartis en 4 groupes puis placés dans des pâtures de 2ha, pour une durée de 20 semaines (les pâtures des groupes 2et 4 n’ayant pas été pâturées depuis plusieurs années) :

  • Groupe 1 : mise en pâture sur une pâture broutée l’année d’avant par de animaux en  seconde saison de pâturage, pendant 10 semaines, puis passage sur une autre pâture
  • Groupe 2 : supplémentation de l’alimentation avec un mélange de 1kg de concentré par animal et du foin ad libitum pendant 4 semaines après la mise en pâture
  • Groupe 3 : pas de traitement particulier
  • Groupe 4 : traitement mensuel avec de la doramectine

Ces mêmes animaux étaient ensuite lors de leur deuxième saison de pâture (après au moins 7 mois en stabulation) sortis (à l’âge de 16-20 mois) sur une pâture commune partagée durant 20 semaines.
Les performances des animaux en seconde saison de pâture ont été évaluées sur les paramètres suivants :

  • Mesure de poids (avant mise en pâture puis mensuellement)
  • Coproscopies (même fréquence)
  • Prises de sang pour dosage du pepsinogène et recherche des anticorps anti-Dictyocaulus. 10 jours après la sortie

Quelques prélèvements additionnels de fèces ont été réalisés pour comptage des ookystes de coccidies.

Il en ressort :

  • une perte de poids précoce à la mise en pâture (dans les 15j-3 semaines) de l’ordre de 50 kg (indépendamment des niveaux de contrôle l’année précédente)
  • des comptages d’œufs lors des coproscopies très bas en général, et en cumulé sur une saison les niveaux les plus élevés observés dans le lot traité mensuellement à la doramectine en première année
  • des niveaux de pepsinogène plasmatique comparables entre groupes bien qu’une tendance était observée à avoir des valeurs plus faibles dans le groupe traité à la doramectine.

Ces résultats sont en accord avec de nombreuses études.
Cependant, une importante séroprévalence (peu attendue) a été observée concernant la bronchite vermineuse (entre 60 et 80 % des animaux) qui a pu perturber les résultats.

Au final, dans les conditions de réalisation de cette étude (niveau d’infestation des pâtures faible à modéré), le niveau de contrôle du parasitisme en première saison de pâture n’a pas eu d’influence sur les performances (poids notamment et analyses parasitaires) des génisses en seconde saison de pâture. En revanche, on notait une certaine rémanence des effets néfastes du parasitisme observés en première saison sur la saison suivante (pertes de poids de fin de première saison de pâture non compensées durant la phase hivernale ni la seconde saison de pâture). Toutefois, la séroprévalence élevée vis-à-vis de Dictyocaulus viviparus a pu perturbé les  résultats.

 

Référence :
Larsson A, Uggla A, Waller P.J, Höglund J. : Performance of second season grazing cattle following different levels of parasite control in their first grazing season. - Veterinary Parasitology 2011, 175 (135-140).