Brève Au Coeur du Lait Octobre 2009

Le profil en cellules somatiques du lait peut-il orienter le diagnostic bactériologique ?.

L’objectif de cette étude menée en Norvège était de comparer les profils en cellules en somatiques obtenus dans le lait avec les espèces bactériennes mises en évidence (Staph aureus, Streptococcus spp, Staphylocoque coagulase négative (CNS) notamment). Pour ce faire, près de 3400 vaches issues de plus de 350 exploitations laitières ont fait l’objet de 1 à 4 prélèvements de lait. Chaque prélèvement était analysé en bactériologie et pour déterminer la concentration en cellules somatiques (CCS).

 

Au final, près de 3400 échantillons ont été analysés (tableau 1).

Tableau 1. Distribution des pathogènes observés (%)


Bactérie

Primipares
N=1431

2ème lactation
N=960

3ème  lactation et +
N=1137

Aucun pathogène

65

64

59

Staph aureus (> 1500 UFC / mL)

11

9

9

Staph aureus (< 1500 UFC / mL)

11

10

13

Streptococcus

3

5

7

CNS

9

11

11

Autres

1

1

1

Les résultats sont similaires quel que soit le rang de lactation.

En confrontant les résultats de bactériologie aux profils en CCS, les points suivants ressortent :

  1. Un diagnostic bactériologique était fréquemment associé à un forte CCS
  2. Les vaches avec un diagnostic bactériologique positif durant les 5 premiers mois de lactation avaient une CCS sur l’ensemble de leur lactation plus importante que les vaches avec un diagnostic bactériologique plus tardif.
  3. Les vaches avec un diagnostic positif à Streptococcus dans les 5 premiers mois de lactation ont présenté des profils de CCS élevées de façon durable tandis que les vaches avec un diagnostic de Staph aureus ont présenté une augmentation franche des CCS temporaire
  4. Les vaches infectées par des CNS ont présenté également des CCS élevées en début de lactation.

Aussi, compte-tenu de l’élévation quasi systématique des CCS lors de mise en évidence d’un pathogène, l’utilisation de l’outil CC pour prédire le germe incriminé s’avère une méthode peu sensible et surtout peu spécifique.

En conclusion, si la CCS peut être utilisée comme un indicateur fiable d’infections intra-mammaires mais ne peut suffire pour prédire l’espèce (ou les espèces) en cause dans ces infections intra-mammaires si les caractéristiques des vaches prélevées ne sont pas maîtrisées (rang de lactation, stade de lactation, profil CCS antérieur, antécédent d’IIM…).


 

Référence :
O. Reksen, L. Solverod, O. Ostera : Relationships between milk culture results and composite milk somatic cell counts in Norwegian dairy cattle. Journal of Dairy Science. 2008 : 91 ; 3102-3113.