Brève Au Coeur du Lait Septembre 2011

Quel est l’impact d’un fort taux cellulaire sur les performances de reproduction des vaches laitières ?

 

L’objectif de cette étude menée au Chili était d’estimer l’impact d’une forte concentration en cellules somatiques (LnCCS > 4,5, soit une CCS au delà de 400 000 cellules/mL) en début de lactation sur les performances de reproduction de vaches laitières et d’estimer par la même occasion le risque associé d’avortements.

 

Pour ce faire, de façon rétrospective, les auteurs ont utilisé les données issues de157  troupeaux laitiers d’une zone du centre-sud du Chili. Les vaches étaient à 90% des vaches Prim’hosltein et 10% de vaches croisées Prim’hosltein. 10% des animaux seulement étaient au pâturage. Au final, les données de plus de 100 000 lactations (de 1997 à 2006) ont été disponibles correspondant à plus de 1 100 000 contrôles journaliers de l’équivalent du contrôle laitier. A l’arrivée, les données de près de 90000 lactations ont été utilisées dans les analyses.

Les intervalles vêlage – première insémination (IVIA1) et vêlage – insémination fécondante (IVIf)  et le nombre d’IA par conception ont été décrits dans le temps via des modèles d’analyse de survie décrivant la probabilité d’être inséminée et/ou gestante selon les teneurs en cellules somatiques des vaches. La survenue éventuelle d’avortements a également été enregistrée.

Les vaches avec au moins un contrôle avec une forte CCS avant la première IA avaient un délai en IVIA1 en moyenne plus élevé de l’ordre de 22 jours.
Les vaches avec au moins une CCS avant l’IA fécondante supérieure à 400 000 cellules/mL avait un délai IVIf plus élevé, de l’ordre de 49 jours, et un nombre d’IA supplémentaire moyen par vache de 0,5.
 Au final, après ajustement pour la parité, l’année de vêlage, et la production laitière, la probabilité de gestation était diminuée de 44% en cas de valeur de CCS supérieure à 400 000 cellules/mL avant insémination.
Enfin, les vaches à forte CCS dans les 3 mois post-partum avaient un risque plus élevé d’avortement de l’ordre de 20%.

Au final, la survenue de mammite subclinique, caractérisée par une CCS > à 400-450 cellules/mL affecte de manière significative et néfaste les performances de reproduction des vaches laitières dans les conditions de l’étude. Notamment, la survenue de fortes teneurs cellulaires aux environs des dates d’IA a un effet néfaste sur la conception. Enfin la probabilité d’avortement pour des vaches à fortes teneur en cellules somatiques dans les 90 jours post-partum s’est avérée plus élevée. La maîtrise des mammites subcliniques est donc un point à prendre un compte dans un plan d’amélioration des performances de reproduction.

 

Référence :
Pinedo P.J., Melendez P., Villagomez-Cortes J.A., Risco C.A.: Effect of high somatic cell counts on reproductive performance of Chilean dairy cattle - Journal of Dairy Science 2009, 92 (4): 1575-1580.