Brève Au Coeur du Lait Juillet-Août 2011

Augmenter la période d’exposition à une ration de transition pré-partum influence-t-elle les performances de reproduction et de santé des vaches laitières ?

image
 

L’objectif de cette étude menée en Australie était d’évaluer l’effet de la durée d’exposition à une ration de transition en pré-partum (de type -150 meq/g MS de BCA, une balance en protéines métabolisable de 286g/jour et un apport énergétique global de 9,9 MJ/jour) sur les performances de reproduction et de santé. Pour ce faire, une étude prospective a été mise en place dans trois troupeaux (un de 148 multipares holstein, un de 320 multipares hostlein et croisées holstein-jersiaises et un dernier de 540 primipares et multipares hostlein et croisées holstein-jersiaises). Les systèmes de reproduction dans ces troupeaux étaient basés sur une saisonnalité typique des vêlages à l’automne. Les données de reproduction et de santé ont été enregistrées sur l’ensemble des animaux, les diagnostics de gestation étant pratiqués manuellement entre 5 et 12 semaines post-IA. Seules quelques vaches ont du être exclues de l’étude du fait de données incorrectes ou de durée de gestation aberrante. L’effet de la durée a d’exposition au régime de transition a été analysé à l’aide de modèles statistiques multivariés, et par analyse de survie pour les performances de fertilité.

 

Au final, il ressort qu’un allongement de la durée d’exposition à cette ration de transition :
N’avait pas d’influence

  • sur le délai vêlage première insémination
  • la réussite en première IA
  • la proportion de soumission à l’IA à 3 semaines post-partum
  • la fréquence de rétention placentaire
  • la probabilité d’être diagnostiquée boiteuse.

Etait associée par contre :

  • A une diminution significative du délai vêlage-insémination fécondante (particulièrement important en système hyper saisonné) de l’ordre de 2 à 5%
  • A une plus forte proportion de probabilité d’^tre gestante dès 6 semaines post-partum (et aussi durant les 21 premières semaines) post-IA de l’ordre de 2%
  • A une augmentation de la présence des vaches à 150 jours de lactation (risque de réforme moindre) de l »ordre de 4%
  • A une augmentation du risque de mammite clinique dans les 150 premiers jours de lactation (de l’ordre de 2%).

Au final, l’augmentation de la période d’exposition à une ration de transition pré-partum (caractérisée ici par un BACA négatif de -150 meq/kg MS et un apport énergétique de 9,9 MJ) était associée à une amélioration du délai vêlage-insémination fécondante, avec en conséquence une tendance à une amélioration de la probabilité de gestation et un risque de réforme moindre. Par contre, le risque de mammite clinique était légèrement majoré. Cette étude renforce encore une fois l’idée que la gestion des périodes de transition est primordiale pour la prévention des troubles métaboliques des bovins et une bonne reprise de la cyclicité post-partum. Ces résultats semblent délicats à transposer de facto au système d’élevage français, compte-tenu de l’aspect très poussé de la saisonnalité et des constitutions de troupeaux.

 

Référence :
DeGaris P.J., Rabiee A.R., Heuer C : Effects of increase days of exposure to prepartum transition diet on reproduction and health in dairy cows -Australian Veterinary Journal, 88 :84-92.