Brève Au Coeur du Lait Mai 2011

Quelles sont les pratiques d’élevage associées à une dégradation du critère germes totaux dans le lait de tank ?

 

 

L’objectif de cette étude menée en Irlande sur la période 2006-2007 était d’investiguer les pratiques d’élevage potentiellement associées avec un fort taux de germes totaux dans le lait de tank de tank, la caractéristique et spécificité principale des élevages en Irlande étant d’être un système principalement à base de pâturage, avec vêlage au printemps.

 

Pour ce faire, les données des comptages en germes totaux et des numérations cellulaires de tank de près de 400 élevages ont été récoltées sur une période à cheval sur 2006 et 2007. Les 400 élevages ont été sélectionnés au hasard afin d’être représentatifs de la population d’élevages irlandais. Deux questionnaires ont été administrés au cours de l’étude afin de récolter les pratiques d’élevages des éleveurs (matériel similaire à l’article sur la NCT dans cette même News). Afin d‘estimer l’association potentielle entre pratiques d’élevages et teneur en germes totaux estimée sur l’année comme la moyenne arithmétique des valeurs logarithmiques en germes totaux du lait de tank), des modèles de régression multiple ont été utilisés.
Les principaux résultats concernant les caractéristiques de l’échantillon étudié étaient les suivants :

  • La taille des élevages était de 55 vaches en moyenne (de 12 à 293 vaches) pour un nombre moyen de génisses de 12 (de 0 à 67). La production laitière sur la campagne écoulée &était très variable en conséquence : de 17 000 à plus de 1 300 000 litres. Le TCT variait entre élevage de 82000 à plus de 770 000 cellules/mL, avec une moyenne de 283 000 cellules/mL. La médiane de la teneur en germes totaux des élevages dans les 365 jours précédant la première visite était de 18 500 germes/mL (variation entre 10 400-130 500)
  • Sur les 303 échantillons de lait de tank prélevés et analysés, Staphylococcus aureus a été mis en évidence dans 51% d’entre eux. 11% des échantillons contenaient plus de 40 CFU. Aucune autre bactérie n’a été isolée, surement en rapport avec la période de pâturage exclusif et le fait d’avoir procédé avant analyse à une congélation des prélèvements, sans ajout de cryoconservateur
  • La corrélation entre teneurs en germes totaux et numérations cellulaires de tank était faiblement positive (0.27)

Les principaux résultats concernant les pratiques influant sur la teneur en germes totaux étaient les suivants (-en comparaison aux modalités inverses):

  • Concernant l’hygiène de traite et de la salle de traite : l’utilisation d’eau chaude était associée à de plus faibles teneurs en germes totaux (de l’ordre de 4000 germes/mL), de même qu’un  changement a minima annuel des manchons trayeurs (de l’ordre de 2000 germes /mL). Enfin les élevages ne pratiquant aucun post-trempage avaient une teneur moyenne en germes totaux plus élevée en moyenne (de l’ordre de 2 à 4000 germes /mL)
  • Concernant l’hygiène générale du bâtiment : une fréquence accrue de raclage et l’existence d’un box de vêlage spécifique étaient associées avec des teneurs en germes totaux plus faibles (entre 4 et 5000 germes/mL). Enfin, une bonne hygiène globale de la salle de traite mais aussi des parcours étaient associés à des teneurs plus faibles (entre 2 et 5000 germes /mL).
  • Concernant les pratiques d’élevage, les élevages dont les éleveurs coupaient les extrémités des queues des vaches (toupet)  avaient une teneur en germes plus faible de l’ordre de 3000 germes/mL de même que les éleveurs adhérents au contrôle laitier (5000 germes /mL en moyenne)

Au final, les résultats de cette étude menée en Irlande confirment la majeure partie des facteurs de risque de dégradation de la teneur en germes totaux rapportés dans les études menées dans d’autres pays centrées principalement sur l’hygiène de la traite, du matériel de traite (procédures de nettoyage-désinfection) et du logement. L’importance du bon fonctionnement du tank (aptitude à un refroidissement rapide du lait) non étudiée ici est aussi un facteur clé à prendre en compte lors d’intervention en élevage, lors d’élévations des teneurs en germes totaux..

 

 

Référence :
Kelly, P.T, O’Sullivan, K, Berry, D.P, More, S.J, O’Callaghan, E.J, O’Brien, B : Farm management factors associated with bulk tank total bacterial count in Irish dairy herds during 2006/2007 -Irish Veterinary Journal, 2009, 62 (1): 36-42