Brève Au Coeur du Lait Avril 2010

Quels sont les nouveautés disponibles ou à venir pour la détection des mammites chez la vache laitière?

L’objectif de cet article de revue est de faire le point sur les méthodes de diagnostic des infections intra-mammaires chez la vache laitière et de présenter les avancées récentes réalisées dans le domaine des mammites pouvant avoir une application immédiate ou future dans le diagnostic des infections intra-mammaires.

 


Dans une première partie, les auteurs reviennent sur les avantages et inconvénients des méthodes disponibles (hors CCS).

Méthode

Avantages

Inconvénients

CMT

Peu coûteux, réalisable/éleveur, rapide et simple

Interprétation subjective et manque de sensiblité

Détection enzymatique CCS (Portacheck)

Peu coûteux, rapide et simple

Manque de sensibilité

Compteur cellule automatique

Rapide, automatisé, assez fiable

Très coûteux

Conductivité

Utilisable sur site

Manque de spécificité

Bactériologie sur lait

Identification pathogène(s) en cause

Manque de sensibilité, pas faisable sur site, temps nécessaire pour le résultat

pH

Rapide, peu coûteux et simple

Manque de sensiblité

Détection enzyme (Lactate deshydrogénase)

Rapide

Pas utilisable sur site, spécificité ?

Dans un deuxième temps, les auteurs abordent les avancées récentes qui sont déjà ou pourraient être à l’origine de la mise au point de nouvelles méthodes de diagnostic.

Méthode

Avantage

Inconvénient

PCR

Sensibilité et spécificité
Recherche concomitante de plusieurs pathogènes (PCR commercialisée pour recherche de 11 agents)

Coût, pas faisable sur site

ELISA

Simple, peu coûteux (E.coli et S. aureus, Listeria déjà commercialisés)

Non disponible pour tous les pathogènes, manque sensibilité, absence de validation en conditions d’élevage

Biomarqueurs (caséine, annexin, cytochrome C oxydase)

Détection précoce potentielle

Pas de méthode simple disponible, ensemble des marqueurs d’intérêt non identifiés

Température mamelle

Non invasif, faisable sur site

Matériel nécessaire complexe, spécificité (ambiance thermique très influente)

Enzymologie

Faisable sur site, simple

Absence de méthode disponible et validée

Enfin, les auteurs abordent les possibilités d’adaptation des ces méthodes dans le contexte de la mise en œuvre de robots de traite. Les mêmes limites sont soulignées : manque de spécificité de certaines méthodes (conductivité ou colorimétrie, protéines de la phase aiguë de l’inflammation). Les tendances les plus prometteuses concernent le dosage du lactate deshydrogénase et/ou de l’haptoglobine (y compris dans la détection des mammites subcliniques) concomitamment à la traite, et enfin l’estimation du nombre de cellules par la quantification de l’ADN libéré par une étape préliminaire de lyse cellulaire. Une fois ces méthodes mieux maitrisées, il restera ensuite à les adapter de façon à pouvoir les utiliser « en ligne » sur les robots.

Au final, si de nombreuses avancées ont été réalisées, elles ne sont pour la plupart pas encore disponibles, ni validées en conditions d’élevage. Si la PCR est d’ores et déjà applicable, le recours pertinent et adapté aux outils classiques reste d’actualité.

 

Référence :
C. Viguier, S. Arora, N. Gilmartin, K. Welbeck, R. O’Kennedy : Mastitis detection: current trends and future perspectives - Trends in biotechnology,2009. (27)8:486-493.