Bréve Au Coeur du Lait
Février 2013

 

Quel est l´impact d´une supplémentation en glycérol ou propylène glycol sur les performances des vaches laitières en début de lactation?

L´objectif de cette étude menée en Suède était d´étudier l´impact potentiel d´une supplémentation des vaches laitières en début de lactation à l´aide de glycérol ou de propylène glycol sur leur statut métabolique, l´incidence de troubles de santé et leur production laitière. Pour ce faire, 673 vaches provenant de 12 troupeaux commerciaux (60 vaches de moyenne, production 365 jours corrigée de l´énergie comprise entre 9100 et 11500 kg) ont été assignées de façon aléatoire au sein de 3 groupes :

  • Lot C (contrôle - 227 animaux): aucune supplémentation
  • Lot G (glycérol - 224 animaux) : supplémentation à l´aide d´un apport journalier de 450 g de glycérol durant les 3 premières semaines de lactation
  • Lot P (propylène glycol - 222 animaux) : supplémentation à l´aide d´un apport journalier de 300 g de propylène glycol durant les 3 premières semaines de lactation

Les apports quotidiens de glycérol et de propylène glycol étaient dilués dans de l´eau et versés en 2 fois sur les concentrés distribués aux animaux.

Le statut métabolique a été évalué par mesure sanguine à 2, 5 et 8 semaines post-partum (corps cétoniques, insuline, AGNE, glucose, IGF-1). Les données de production laitière et les éventuels troubles de santé (cétoses, déplacements de caillettes, mammites cliniques, épisodes fébriles, parésie puerpérale, hypomagnésémie, divers) ont également été collectés et analysés de même que la notation de l´état corporel. L´effet de la supplémentation a été ajusté du niveau de production et de la parité.

Il en ressort que:

  • des paramètres métaboliques (AGNE, bétahydroxybutyrate, IGF-1) identiques selon les groupes, à l´exception de valeurs plus basses en insuline chez les vaches supplémentées
  • des variations de note d´état corporel similaires entre les 3 groupes
  • une production laitière moyenne durant les 90 premiers jours de lactation supérieure pour les groupes supplémentés : Groupe G : 37,2 +/- 0,32 (p<0,05) ; Groupe P : 36,7 +/- 0,34kg (p=0,06), Groupe C : 32,6 +/- 0,36
  • une absence de différence significative entre les groupes sur le critère survenue de maladies dans les 3 premiers mois de lactation (respectivement 50, 48 et 53 vaches ont été diagnostiquées malades parmi les groupes G, P et C - cf tableau ci-après).
Tableau : Troubles de santé observés durant les 90 premiers jours de lactation dans chaque lot

Trouble sanitaire

Lot G (n =224)

Lot P (n =222)

Lot C (n =227)

Cétose *

5

4

8

Mammite **

21

15

19

Parésie ***

11

9

13

Autre

13

20

13

Total

50

48

53

*    : cétose, baisse d´ingestion ou déplacement de la caillette
**  : mammite aiguë ou épisode fébrile provoqué par d´autres maladies
*** : parésie puerpérale ou hypomagnésémie

Les auteurs concluent à un soutien du statut métabolique des animaux dans les groupes recevant une supplémentation et plus particulièrement dans le groupe G (glycérol), attesté par une production laitière supérieure sans dégradation des critères biochimiques sanguins.

Dans cette étude, le glycérol a semblé plus appétent que le propylène glycol

Des modalités pratiques de distribution maximisant l´ingestion sont encore à investiguer.

 

Au final, les résultats de cette étude rapportent qu´une supplémentation en glycérol en début de lactation était associée à une production laitière supérieure, sans dégradation des paramètres métaboliques. Une tendance similaire était observée pour le glycérol. Par contre, aucune différence sur l´incidence des troubles de santé n´a été observée dans cette étude.

 

Référence :
Lomander H., Frössling J., Ingvarsten K.L., Gustafsson H., Svensson C.
Supplemental feeding with glycerol or propylene glycol of dairy cows in early lactation: effects on metabolic status, body condition and milk yield - Journal of Dairy Science, 2012, (5): 2397-2408.