Brève Au Coeur du Lait
Février 2012

Spécial robot de traite

 

Existe-t-il un lien entre l’intervalle entre traites et la concentration en cellules somatiques du lait dans les exploitations en traite robotisée ?

L’objectif de cette étude menée aux Pays-Bas était d’explorer, en système de traite robotisée, la relation entre l’intervalle entre traites et sa variation sur la concentration en cellules somatiques (CCS). Pour ce faire, les données issues de 151 fermes adhérentes à l’équivalent du contrôle laitier et équipées d’un robot de traite ont été collectées. Au final, les données relatives à la CCS du lait (obtenues dans les 24 heures entourant la collecte des données « vaches » via le robot), aux caractéristiques des vaches (parité, niveau de production, stade de lactation) et les données relatives à l’intervalle entre traites sur une durée de 4 à 6 semaines ont été disponibles pour 100 troupeaux. Après une première étape d’analyse uni-variée, une analyse multi-variée a été menée en corrigeant du stade de lactation, de la parité et du niveau de production, en tant qu’effets fixes, le troupeau étant rajouté en effet aléatoire. Une première étape d’analyse des données a rapporté que les résultats n’étaient pas plus significatifs selon que l’on considère les variations inter-traites sur une journée ou plus. Tous les résultats concernant donc l’impact de variations inter-traite à court terme sur la CCS.

Il en ressort que :

  • La variation de l’intervalle entre traites était très importante de 7,5 à 12,4 heures correspondant à un nombre de traites quotidien allant de moins de 2 à plus de 3 par jour
  • 8% des fermes avaient une moyenne d’intervalle entre traites de moins de 8 heures et 4% de plus de 11 heures
  • Au sein des fermes, le coefficient de variation de cet intervalle n’était pas corrélé avec la moyenne de cet intervalle
  • Bien que l’effet de l’intervalle entre traite soit significativement associé à, la CCS (dans le sens d’une augmentation de la CCS en parallèle de la durée de cet intervalle), cet effet a été très faible quantitativement. Ainsi, lorsqu’il est corrigé des autres facteurs tel le niveau de production ou la parité, l’effet de cet intervalle devient marginal. De plus le design de l’étude ne permet de différencier si une augmentation des CCS est causée par des profils de fréquentation du robot irréguliers ou si les mammites subcliniques (caractérisées par les CCS) sont à l’origine d’une moindre fréquentation (par atteinte de l’état de l’animal).

 

Au final, l’effet de l’intervalle entre traites sur la concentration individuelle en cellules somatiques, même lorsqu’il est corrigé de la parité, du stade de lactation et du niveau de production, est marginal. La variation de cet intervalle est plus fortement corrélée positivement à la concentration en cellules somatiques que la durée de l’intervalle lui-même. De plus, cette étude ne permet pas de savoir si des variations de l’intervalle sont une cause ou une conséquence d’augmentation des CCS. Quoi qu’il en soit, l’examen fin de ces intervalles entre traites et notamment de l’amplitude de ces variations est un marqueur d’intérêt à suivre pour manager en système robotisé la détection des troubles de santé dont les mammites.

 

Référence :
Mollenhorst H., Hidayat M.M., van der Broek J., Neijenhuis F., Hogeveen H.
The relationship between milking interval and somatic cell count in automatic milking systems - Journal of Dairy Science, 2011, 94 : 4531-4544