Brève Au Cour du Lait Avril 2006

Diagnostic des mammites: les tests de compétence améliorent les performances des laboratoires.

Entre 2000 et 2003, l’institut national de recherche vétérinaire et alimentaire Finlandais (EELA) et l’unité d’assurance de la qualité de l’agence des laboratoires vétérinaires du Royaume-Uni (VLA) ont organisé un vaste programme de tests de compétence des laboratoires concernant l’analyse des échantillons de mammites. Le rôle éducatif de cette expérience a été mis en évidence: les performances se sont sensiblement accrues à mesure de l’augmentation du nombre de participations.

 

En 2000, 48 laboratoires finlandais ont analysé 130000 échantillons de lait provenant de quartiers de vaches atteintes de mammites. L’EELA et le VLA ont décidé de lancer un programme d’entraînement des laboratoires dans le traitement des échantillons de mammites dont l’objectif était de suivre les performances des laboratoires, d’harmoniser les méthodes d’analyses utilisées et d’entraîner le personnel de laboratoire afin d’obtenir des résultats fiables et répétables. Le programme était ouvert à tous les laboratoires volontaires. Les échantillons sont constitués de souches lyophilisées de bactéries régulièrement isolées lors de mammites, soit en culture pure, soit en culture mixte.

Un résultat correct indique que la bactérie est identifiée avec une précision adéquate (jusqu’à l’espèce pour Streptococcus agalactiae, S. uberis et E. coli; genre Enterococcus, Klebsiella, Lactococcus; Staphylocoque coagulase positive pour S.aureus et Staphylocoque coagulase négative pour Staphylococcus epidermidis et S.xylosus). Un résultat est considéré comme partiellement correct quand la bactérie est identifiée mais qu’une autre bactérie non incluse dans le prélèvement est également isolée. Enfin, un résultat incorrect comprend les mauvaises identifications ainsi que les formules trop simplistes du type Gram positif, cocci ou bacille Gram négatif.

Le score moyen cumulé sur l’ensemble des prélèvements est de 83% pour les laboratoires ayant participé 6 ou 7 fois alors que le même score s’étale de 58 à 79% pour ceux qui ont participé de 2 à 5 fois. Au départ, 45% des laboratoires utilisent la méthode recommandée par l’EELA, cette proportion passe à 52% à la fin du test.

Les principales conclusions de cette étude sont que:

  • Les performances des laboratoires s’améliorent avec le nombre de participations, donc avec le nombre d’analyses effectuées. Ce progrès est dû soit à des améliorations des procédures, soit à l’adoption des méthodes recommandées par l’EELA associées à des procédures de contrôle. Une fois décidés, ces changements sont rapidement bénéfiques, ce qui rend compte de la motivation des laboratoires à s’améliorer.
  • Tous les laboratoires ont diagnostiqué S. aureus et E .coli correctement à chaque tour. Des améliorations ont été observés dans le diagnostic de S. epidermidis, S. dysgalactiae, Enterococcus spp. et Klebsiella spp.
  • Les principaux problèmes sont posés par les bactéries à croissance lente (Arcanobacterium pyogenes ou Proteus spp.) qui peuvent être masquées par les bactéries à croissance rapide. Ceci est particulièrement vrai lors de contamination du prélèvement. Ceci ne s’est fort heureusement produit à plus de 2 occasions que dans 2 laboratoires.
  • Enfin une des causes importantes de diagnostic erroné est économique. Dans un contexte de concurrence massive, la réduction des coûts permet de proposer des analyses à moindre coût avec bien souvent malheureusement une qualité moindre (absence de test de vérification par exemple).

En conclusion, il semble primordial aux auteurs que les laboratoires d’analyses vétérinaires, au même titre que les laboratoires d’analyses alimentaires et des eaux, adoptent des références tant au niveau des méthodes employées que des procédures de contrôles à mettre en place.

Notons que ces références existent bien en France, ce qui garantit des méthodes et des procédures adaptées. Par contre, il n’existe pas à notre connaissance d’étude publiée de type Interlaboratory proficiency testingconcernant les laboratoires d’analyses français.

 

Références :

PITKÄLÄ et coll.: Interlaboratory proficiency testing as a tool for improving performance in laboratories diagnosing bovine mastitis. Journal of Dairy Science. 2005, 88, 553-559.