Brève Au Cour du Lait Mars 2006

Niveau de production et infection mammaire au vêlage.

Une équipe américaine a étudié l’influence du niveau de production au tarissement sur l’apparition de nouvelles infections intramammaires au vêlage suivant. Le risque augmente significativement avec le niveau de production, cependant il varie en fonction des agents pathogènes incriminés.

 

Le rôle du tarissement est d’obtenir des vaches saines au début de leur nouvelle lactation. Le taux de nouvelles infections est deux fois plus important au cours du tarissement qu’au cours de la lactation. L’épidémiologie des mammites au cours du tarissement a donc été particulièrement étudiée. Cependant, jusqu’à ce jour, aucune étude n’avait pris en compte le niveau de production au tarissement sur l’incidence de ces nouvelles infections au tarissement, tout particulièrement dans le contexte des productions élevées observées ces dernières années.

Cette étude a été conduite sur 116 lactations de 96 multipares d’un même cheptel. Deux échantillons sont prélevés dans chaque quartier durant les trois jours suivant le vêlage. Un quartier est considéré comme positif si les deux échantillons permettent d’isoler le même germe. Les germes mis en cause sont séparés en germes d’environnement d’une part (Escherichia coli, Klebsiella spp., Citrobacter spp., Enterobacter spp., Serratia spp. ou Streptocoque autre que S.agalactiae), et infections à Staphylocoque coagulase négative (SCN) d’autre part.

Le niveau de production retenu correspond à la quantité de lait produite la veille du tarissement. La production médiane est de 12,5 kg. Les variations sont ensuite étudiées par tranche de 5 kg. Le comptage cellulaire en fin de lactation, la parité, la saison de vêlage, le stade de lactation au tarissement et la durée de tarissement sont pris en compte.

Un quart des vaches (29) sont infectées par un germe d’environnement autour du vêlage, dont près de la moitié (14) présentent une infection mixte avec un SCN. 39 quartiers sont contaminés par un germe d’environnement. Un tiers des vaches (38) et 76 quartiers sont infectés par des SCN. Aucun S.agalactiae n’a été isolé.

Le risque d’infection au vêlage est augmenté d’un minimum de 77% par tranche de 5 kg de production au dessus du niveau de production médian (12,5 kg). Il se révèle même encore plus nettement augmenté (+ 113%) si l’on exclut les infections à SCN.

La liaison entre niveau de production et infection peut-être expliquée par le retard de kératinisation des trayons des vaches laitières hautes productrices. Celui-ci serait dû aux pertes de lait de ces vaches, à l’origine d’un maintien ouvert du trayon favorisant la pénétration des agents pathogènes dans la mamelle. Les vaches perdant du lait après le tarissement ont ainsi quatre fois plus de chances de développer une mammite clinique en cours de tarissement que celles n’ayant pas de perte.

Un comptage cellulaire supérieur à 200000 cellules /mL au dernier contrôle avant le tarissement est également un risque majeur de nouvelle infection au vêlage (+ 157%).

En résumé, cette étude démontre qu’une production élevée au tarissement est un facteur de risque d’infection intra-mammaire d’origine environnementale au vêlage.

Notons qu’aux Etats-Unis, et encore plus particulièrement dans ce cheptel, les produits antibiotiques intra-mammaires utilisés au tarissement sont des spectres étroits à faible diffusion  tissulaire dont la persistance  est très faible (ex: pénicillines).  Cependant, aucun produit administré le jour du tarissement, même en Europe, ne peut couvrir les fautes d’hygiène juste avant et après vêlage.

 

Références :

RAJALA-SCHULTZ et coll. Short Communication: Association between milk yield at dry-off and probability of intramammary infections at calving. Journal of Dairy Science. 2005, 88, 577-579.