Brève Au Coeur du Lait Décembre 2009

Peut-on repérer les mammites cliniques autrement que par l’inspection de la mamelle ?

L’objectif de cette étude menée au Royaume-Uni était d’évaluer si certains paramètres (démarche, signes cliniques généraux (fréquence, température), température des quartiers, réaction à des stimuli nociceptifs) permettaient de distinguer des vaches saines de vaches atteintes de mammites cliniques et le cas échéant, permettaient de distinguer les vaches atteintes de mammites cliniques légères et modérées. Les auteurs ont défini comme légère une mammite lorsque seul le lait était modifié (sans que la mamelle ne le soit) et comme modérée une mammite lorsque la mamelle et le lait étaient modifiés.

 

Pour ce faire, différentes mesures ont été opérées sur 117 vaches atteintes de mammites cliniques (légères ou modérées) et 45 vaches sans mammites. En plus de l’examen clinique, d’autres paramètres étaient recensés : réponse à un stimuli nociceptif (seuil de pression exercé sur le jarret entraînant un mouvement d’évitement), température des quartiers, distance entre les jarrets.

Il en ressort principalement que :
Les vaches atteintes de mammites cliniques modérées avaient une température rectale plus élevée que les vaches saines ou que les vaches atteintes de mammites légères.
La température des quartiers ne variait pas selon le degré d’atteinte des animaux mais une plus grande dispersion des valeurs entre quartiers d’une même vache était observée chez les vaches atteintes de mammites modérées.
Les vaches atteintes de mammites (légère ou modérée) avaient une distance entre jarrets augmentée en comparaison des vaches saines.
• La distance entre jarret ne permettait par contre pas de distinguer le degré d’atteinte de la mammite et cette valeur était identique que la mammite touche les quartiers antérieurs ou postérieurs.
• Enfin, le seuil mécanique entraînant le retrait du membre était abaissé chez les animaux atteints de mammites et ce dès le stade mammite légère. L’hyperalgésie est donc un phénomène précoce.

Au final, il en ressort que peu de critères pratiques et applicables en routine permettent de prédire l’existence et le degré d’une mammite et que l’examen de la mamelle lors de la traite reste l’examen de choix. Néanmoins, les résultats confirment le phénomène d’hyperalgésie lors de mammites, quelle que soit sa sévérité démontrant ainsi la nécessité de prendre en charge la douleur chez ces animaux à l’aide par exemple d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.


 

Référence :
MH Kemp, AM Nolan, PJ Cripps, JL Fitzpatric : Animal based measurements of the severity of mastitis in dairy cows - Veterinary Record, 2008, 163 :175-179.