Brève Au Coeur du Lait Novembre 2010

La mesure du taux d’anticorps anti-Ostertagia sur un lait individuel est –il un bon critère pour décider la mise en place d’un traitement antiparasitaire ?

L’objectif de cette étude menée en Belgique dans 12 exploitations laitières était d’investiguer l’intérêt potentiel de la mesure du taux d’anticorps anti-Ostertagia dans le lait des vaches (en individuel) afin de décider la mise en œuvre d’un traitement anthelmintique tant à l’échelle individuelle qu’à celle du troupeau. Pour ce faire, les auteurs ont procédé en trois étapes

    • Tout d’abord évaluation du lien entre le résultat ELISA sur lait individuel et sur lait de mélange
    • Puis mise en relation du taux d’anticorps mesuré par l’ELISA sur lait individuel avec les paramètres de production de la vache (production laitière, concentration en cellules somatiques (CCS), par catégories d’animaux (stade et rang de lactation)
    • Enfin, étude des relations entre augmentation éventuelle de production laitière suite à un traitement en octobre des vaches, (traitement à l’eprinomectine de tout le troupeau pour moitié des élevages, placebo pour l’autre  et résultats ELISA sur lait individuel (données obtenues un mois avant et après traitement).


 

Il en ressort :

    • Une corrélation satisfaisante (r=0,72) entre la mesure ELISA sur lait de tank en comparaison à la moyenne des densités optiques issues des ELISA lait individuels, même si une perte d’information est inévitable
    • Une tendance non significative d’une production laitière moindre avec plus de cellules chez les vaches avec les plus forts taux d’anticorps
    • Des taux d’anticorps ELISA individuels plus élevés chez les multipares en milieu-fin de lactation, avec toutefois des taux plus faibles en novembre plutôt qu’en septembre, et une diminution sur le prélèvement un mois après traitement dans les troupeaux soumis à traitement

Enfin, concernant la production laitière, l’effet du traitement semble plus prononcé lorsque celui-ci est réalisé en début de lactation, et l’effet plus important sur les animaux plus âgés (qui avaient en moyenne également des taux d’anticorps plus élevés. Le design de l’étude ne permet néanmoins pas d’investiguer l’intérêt d’un traitement tardif sur la lactation suivante (suivi d’une lactation uniquement). Les modèles statistiques multiparamétriques mis en œuvre ne ressortent au final aucun lien statistique significatif.

Au final, la mesure du taux d’anticorps est plus fine et plus informative lorsque l’ELISA est réalisé sur lait individuel et non pas sur lait de mélange. Les liens entre mesure instantanée du taux d’anticorps via l’ELISA et les paramètres du type production laitière ou CCS sont très faibles. L’effet d’un traitement global du troupeau reste équivoque, et l’effet éventuel serait plus marqué lorsque réalisé en début de lactation pour une efficacité très dépendante de l’âge des animaux (et du taux d’anticorps initial). Les auteurs ne concluent pas au final sur d’éventuels seuils pour juger de la pertinence/nécessité de mettre en œuvre o non un traitement antiparasitaire.

 

Référence :
Charlier J, Vercruysse J, Smith J, Vanderstichel R, Stryhn H, Claerebout E, Dohoo I. : Evaluation of anti-Ostertagia ostertagi antibodies in individual milk samples as decision parameter for selective anthelmintic treatment in dairy cows
Preventive Veterinary Medicine 2009. 93, 147-152.