Brève Au Coeur du Lait Septembre 2010

Quels sont les résultats issus du réseau français de surveillance des mycoplasmes : VIGIMYC ?


Les auteurs de cette étude présentent dans cet article les résultats issus du réseau français de surveillance passive des mycoplasmes chez les ruminants appelé VIGIMYC pour VIGIlance des MYCoplasmoses de ruminants. Ainsi, entre 2003 et 2008, ce sont 34 laboratoires situés sur tout le territoire français qui ont collaboré avec VIGIMYC et leur ont envoyé des échantillons prélevés sur suspicion clinique avec culture Mycoplasmes positives pour typage.

 

Sur une période de 5 ans, ce sont ainsi que plus de 1900 isolats ont été envoyés à VIGIMYC pour identification, provenant de 1312 cas cliniques (bovins, ovins et caprins confondus) en provenance de 64 départements différents. 56% des isolats provenaient de bovins ,32% de caprins, 8% d’ovins et 4% de la faune sauvage. Les principaux Mycoplasmes isolats, pour les 3 principales espèces de ruminants sont résumés dans le tableau suivant :

Principales espèces de mycoplasmes isolées d’échantillon prélevés lors de suspicion clinique chez les ruminants (en %)

 

Bovins

Caprins

Ovins

Espèce de Mycoplasme

n=1142

n=664

n=137

M. bovis

55

-

-

M. agalactiae

0.1

2.0

20.4

M. bovirhinis

27.5

-

0.7

M. canis

0.2

-

-

M. arginini

14.1

10.0

67.1

M. alkalescens

1.2

-

-

M. canadense

0.4

-

-

M. bovigenitalium

0.4

-

0.7

M. mycoides susbsp capri

0.4

42.3

4.4

M.mycoides subsp mycoides SC

-

-

-

M. carpicolum susbsp carpicolum

-

26.3

-

M. putrefaciens

-

15.5

-

Les mycoplasmes isolés de ruminants provenaient majoritairement de troubles respiratoires chez les jeunes bovins et secondairement de syndrome pneumonie-arthrite, toujours chez le jeune. M. bovis est le mycoplasme le plus fréquemment isolé chez les bovins et dans 12% des isolements avec un autre mycoplasme, principalement. M bovirhinis et M. arginini, qui ne sont pas considérés comme pathogènes à ce jour. Les manifestations cliniques telles les otites et/ou les mammites étaient très rares. Concernant les caprins, le syndrôme agalactie contagieuse était la cause la plus fréquente d’analyse (40% d’échantillons provenant de foyers cliniques) mais également un quart des isolats provenaient de simples analyses de contrôle sur lait de tank soulignant la circulation subclinique des agents responsables de l’agalactie contagieuse. Dans les foyers cliniques caprins d’agalactie contagieuse M. agalactiae a été le principal agent dans seulement 4% des cas. M. argini a été rarement isolé (8%des isolats) et principalement en association avec une pasteurellose pulmonaire en chevreaux. Chez les ovins, M. argini a été en revanche le principal mycoplasme isolé lors de maladies respiratoires alors que M. ovipneumoniae n’a représenté que 6% des isolats. Les deux principales observations chez les ovins ont été l’émergence de l’agalactie contagieuse en Corse, jamais rapportée jusqu’ici (introduction dans 2 troupeaux suite à des  achats d’animaux en Sardaigne) et une résurgence dans les Pyrénées, zone autrefois endémique (98 nouveaux cas en 2008 contre 33 en 2006).

Au final, il ressort de cette étude :
- la très forte prévalence de Mycoplasma bovis, notamment dans les troubles respiratoires chez les jeunes bovins, tandis que M. canis et M. alkalescens, espèces émergentes et jugées problématiques en Amérique du Nord n’ont été que rarement isolées,
- l’absence d’isolement de l’agent de la pleuropneumonie contagieuse,
- la présence à l’état endémique des agents responsables de l’agalactie contagieuse chez les caprins
- la très faible prévalence d’isolement de mycoplasmes chez les ovins, à l’exception des Pyrénées et récemment de la Corse (agalactie contagieuse).


 

Référence :
Chazel M., Tardy F., Le Grand D., Calavas D., Poumarat F: Mycoplasmoses of ruminants in France: recent data from the national surveillance network - BMC Veterinary Research, 2010,6 :32.