Brève Au Cour du Lait Juin 2007

Facteurs de risque associés à l'incidence des mammites cliniques dans les troupeaux laitiers suédois.

Parmi les élevages avec une forte production laitière en Suède, les différences d'incidence de mammites traitées par élevage par le vétérinaire semblent résulter plus des pratiques relatives à la mise en place des traitements et à la production laitière que de facteurs environnementaux.

 

En Suède, seuls les vétérinaires sont autorisés à démarrer un traitement antibiotique (quelle que soit l'affection dont souffre l'animal). Ces traitements sont répertoriés systématiquement et couplés aux informations disponibles auprès de l'équivalent du contrôle laitier. Une limite des études s'intéressant aux facteurs de risque de mammite en élevage bovin laitier réside dans l'enregistrement et la détermination de la prévalence de ces infections intra-mammaires. Le modèle suédois rend possible une détermination objective de l'incidence (et de la prévalence) des mammites cliniques. Par conséquent, l'objectif de cette étude était de déterminer les facteurs de risque associés à une forte incidence de mammites cliniques traitées par le vétérinaire (IMCTV) parmi des élevages avec une forte production laitière et un faible taux de mammites subcliniques.

Pour cela, 158 élevages ont été recrutés. Ces élevages devaient avoir plus de 20 vaches laitières, une production laitière située dans le quart supérieur de la moyenne nationale et une concentration annuelle moyenne en cellules somatiques moyenne < 131 000 cellules/mL. Parmi ces élevages, deux populations ont été distinguées : les élevages avec une incidence de mammites cliniques traitées par le vétérinaire (IMCTV) faible (comprise entre 0 et 10,8 cas pour 100 vaches par an) et une IMCTV forte (entre 27,3 et 67,5 cas pour 100 vaches et par an). Ces élevages ont fait l'objet de visites trimestrielles durant les deux ans de l'étude afin de récolter les données et les informations nécessaires : pratiques d'élevage, de traite, d'alimentation, de détection des mammites, de tarissement, de traitement d'autres troubles de santé (boiteries par exemple). D'éventuels facteurs de risques associés à une forte IMCTV ont été recherchés à l'aide de modèles multivariés après avoir fait l'objet d'une étude univariée.

Les élevages avec une forte IMCTV avaient en moyenne un taux de réforme pour mammites et une production laitière annuelle plus forts que les élevages avec une faible IMCTV. Le pic de mammites cliniques se situait pour tous dans la première semaine post-partum.

Parmi les 363 variables étudiées, les facteurs significativement associés à une forte ICMTV étaient :

  • La décision systématique de traiter une vache avec un fort taux cellulaire en lactation
  • Une forte prévalence de vaches fortes productrices avec les postérieurs sales
  • Des remarques concernant la conservation de l'ensilage
  • Devoir recourir à un parage plus d'une fois par an
  • Une forte prévalence de lésions du trayon
  • Une forte proportion de primipares
  • Une forte proportion de vaches traitées au tarissement (donc infectées)
  • L'appel du vétérinaire dès la moindre modification du lait (sur-détection des mammites).

Au final, les facteurs identifiés reflètent sans doute plutôt l'attitude des éleveurs vis-à-vis du traitement de la mammite (en lactation et au tarissement) et plus particulièrement du moment choisi pour appeler le vétérinaire. Les éleveurs avec une forte IMCTV appellent le vétérinaire à la moindre modification du lait sans atteindre l'apparition de signes généraux comme les éleveurs avec un faible ICMTV.

Parmi les 363 variables étudiées, les facteurs significativement associés à une faible ICMTV étaient :

  • Un troupeau constitué majoritairement de vaches de races  Swedish Red 
  • De séparer les vaches taries du reste du troupeau
  • De fournir uniquement des concentrés du commerce en supplément des fourrages. Ces pratiques liées à l'alimentation relèvent de problèmes d'hygiène (ensilage, qualité des concentrés distribués).

Les facteurs environnementaux, de traite et les taux cellulaires ne différant pas entre élevages, les facteurs de risque identifiés relèvent ainsi plutôt d'attitude globale vis-à-vis de l'appel du vétérinaire pour la mise en place d'un traitement. On pourrait qualifier les éleveurs avec une forte IMCTV d'interventionnistes. Toutefois, cet interventionnisme et l'usage plus fréquent d'antibiotique ne permet pas à ces élevages de régler leurs problèmes et de diminuer leur taux de réforme pour mammites.

Référence :

NYMAN et al. : Risk factors associated with the incidence of veterinary-treated clinical mastitis in Swedish dairy herds with a high milk yield and a low prevalence of subclinical mastitis. Preventive Veterinary Medicine. 2007