Brève Au Coeur du Lait Mai 2010

Quelle sont la prévalence et les facteurs de risques des mammites à SCN dans les troupeaux laitiers ?

L’objectif de cet étude menée aux Pays-Bas était d’une part d’estimer la prévalence des mammites à SCN et d’autre part d’en estimer les facteurs de risque. Pour ce faire, un échantillon d’étude constitué de 49 troupeaux laitiers sélectionnés au hasard a été constitué (troupeaux de plus de 40 vaches). Ce sont ainsi plus de 4200 quartiers qui ont fait l’objet d’un prélèvement et d’une analyse bactériologique. Un questionnaire visant à recenser les pratiques d’élevage était également rempli.

 

Au final les SCN ont été retrouvés dans plus d’un un quartier sur 10 (11%) et d’une vache sur 3 (35%), plaçant les SCN au premier rang des germes retrouvés lors d’infections intra-mammaires. Parmi les SCN retrouvés 14 espèces ont été retrouvées (tableau 1), parmi lesquelles S. chromogenes et epidermidis étaient les plus fréquents. Les primipares étaient plus fréquemment affectées que les multipares (respectivement près de 50% et 30%).

Les quartiers avec une infection mammaire subclinique à SCN ont eu des comptages en cellules somatiques (CCS) significativement près de 2 fois supérieurs à ceux de quartiers bactériologiquement négatifs (respectivement 109 000 cellules / mL et 58 000 cellules / mL)
Parmi les différentes espèces de SCN, chromogenes, xylosus et capitis étaient ceux pour lesquelles les CCS étaient les plus élevées (en comparaison aux quartiers stériles).

Espèce de SCN

%

CCS associée moyenne (x 1000 cell/mL)

S. chromogenes

30.3

192

S. epidermidis

12.9

132

S. capitis

11.0

187

S. simulans

11.0

93

S. warneri

7.7

129

S. xylosus

4.5

400

S. haemolyticus

3.9

67

S. intermedius

2.6

213

S. scirui

1.9

61

S. hyicus

1.9

319

S. auricularis

1.3

46

S. cohnii

1.3

65

S. hominis

0.7

41

S. saprohyticus

0.7

42

Poly SCN

8.4

 

En ce qui concerne les facteurs de risque, les principaux facteurs seraient le logement des vaches taries en un seul groupe plutôt qu’en groupes séparés - en raison d’une moins bonne conduite nutritionnelle et de pertes de lait plus élevées- , le pâturage des animaux les logettes souillées par le lait, l’abreuvement par de l’eau ne provenant pas du réseau. Néanmoins, la causalité et la temporalité de ces facteurs étant délicate à confirmer, aucune conclusion n‘est tirée par les auteurs.

Au final, cette étude confirme la prévalence très élevée de quartiers et de vaches infectées par des SCN, germes qui sont pour la majeure partie à l’origine d’élévations faibles à modérées des CCS individuelles. De même, cette étude corrobore d’autres publications indiquant que les primipares sont plus fréquemment atteintes que les multipares (sans doute du fait du recours fréquent à systématique aux traitements antibiotiques au tarissement pour ces dernières).

 

Référence :
Sampimon OC, Barkema HW, Berends IM, Sol J, Lam TJ.: Prevalence and herd level risk factors for intramammary infection with coagulase negative staphylococci in dutch dairy herds - Veterinary Microbiology 134(2009):37-44.