Brève Au Coeur du Lait Avril 2011

Quel est l’impact respectif de caractéristiques individuelles la vache, du troupeau et des pratiques d’élevages dans la survenue de mammites en post-partum ?

L’objectif de cette étude menée au Royaume-Uni ( Angleterre et Pays de Galles) était de déterminer l’impact de différentes variables liées à la vache, au troupeau et aux pratiques d’élevage notamment autour de la période sèche sur le risque et le moment de survenue de mammites cliniques.

 

Pour ce faire, 52 élevages ont été suivis durant 2 ans. L’ensemble des données suivantes ont été récoltées

  1. Au niveau vache : parité, concentration en cellules somatiques (CCS), survenue de mammite clinique
  2. Au niveau élevage : taille du troupeau, production laitière, race, type de logement, hygiène générale, protocoles de vaccination, densité, type de ration, fréquence de raclage, paillage
  3. Au niveau tarissement : logement durant la période tarie (en stabulation, système logettes ou au pâturage), hygiène des box de vêlage, hygiène et nature des traitements au tarissement (sélectif ou systématique)

Plusieurs modèles statistiques ont été utilisés pour évaluer le lien potentiel entre tous ces facteurs et (i) le risque de survenue de mammite clinique durant le premier mois de lactation et (ii) le moment de survenue de la mammite clinique. Au final les données de plus de 14000 vaches ont été utilisées. Plus de 6800 vaches (correspondent à plus de 8700 périodes sèches) ont contribué au modèle s’intéressant aux vaches en stabulation durant la période tarie tandis que près de 7500 vaches (pour presque 10000 périodes sèches) ont servi au modèle s’intéressant aux vaches conduites en pâture lors du tarissement.
Les variables significatives d’un risque accru de mammites cliniques dans le premier mois de lactation sont, à l’échelle de la vache, la parité et la présence d’un résultat de CCS supérieur à 200 000 cellules/mL dans les 3 mois précédant le tarissement.
Sur le plan du management de la période sèche, le critère hygiène ressort significativement, lors du traitement au tarissement (insertion des applicateurs, désinfection post-traite et station debout des animaux 30 minutes après administration du traitement intramammaire hors lactation), et durant la période sèche. Pour les vaches taries conduites en logettes, les mesures jugées importantes étaient la désinfection des logettes en début et en fin de période sèche, la présence de matelas dans les logettes, la qualité du paillage, avec une intervention au moins une fois par jour et le raclage quotidien de l’aire d’exercice minimum. Pour les vaches taries conduites au pâturage, les auteurs ont souligné la rotation des pâtures à un rythme inférieur à 2 semaines, les parcelles venant d’être occupées étant alors non pâturées durant 4 semaines. L’importance de l’hygiène du box de vêlage est soulignée, avec un nettoyage quotidien préconisé.
Parmi les autres facteurs de conduite du troupeau permettant de réduire le risque de mammites cliniques dans le premier mois de lactation, ont été notés : la pise en compte de la note d’état corporel au moment du tarissement, la séparation des vaches taries des vaches traites, la survenue de la première traite moins de 6 heures après vêlage, une distribution de fourrages identiques entre vaches fraiches vêlées et vaches en lactation.
Au niveau du troupeau, la vaccination contre la leptopsirose et la lutte contre les mouches en période estivale apparaissaient comme des facteurs intéressants de prévention.

Les variables communes aux deux modèles ont présenté des résultats similaires. Les Odds ratio étaient tous aux environs de 0,6 à 0,7, c'est-à-dire un risque diminué de 30% de survenue de mammite clinique.

Les modèles statistiques utilisés ont montré une bonne aptitude à la prévision de l’incidence de mammites cliniques dans un élevage, pour une année donnée (85%  de la variabilité observée).

Au final, cette étude confirme toute l’importance à accorder à la conduite du tarissement et au management des vaches taries pour prévenir les mammites cliniques lors du premier mois de lactation suivante.

Référence :
Cow, farm and management during the dry period that determine the rate of clinical. mastitis after calving Journal of Dairy Science, 2007, 3764-3771