Brève Au Coeur du Lait Avril 2010

Existe-t-il des marqueurs sanguins prédictifs de la survenue d’une infection intra-mammaire en début de lactation ?

L’objectif de cette étude menée au Danemark était d’identifier des marqueurs sanguins d’intérêt potentiel pour prédire la survenue de mammites en début de lactation. Pour ce faire, les données provenant de 634 lactations de 317 vaches issues d’une ferme expérimentale ont été utilisées.

 

Ainsi, chaque vache faisait l’objet de prélèvements sanguins hebdomadaires à partir de 8 semaines avant la date présumée du part jusqu’à la fin du troisième mois de lactation. Chaque prélèvement sanguin était analysé afin de rechercher diverses hormones (hormone de croissance, T3), métabolites et enzymes (ASAT, glucose, bétahydroxybutyrate, AGNE,  cholestérol, albumine) potentiellement d’intérêt. Enfin, le niveau d’énergie ingérée et le bilan énergétique négatif étaient calculés. L’incidence de mammites cliniques et subcliniques était calculée à partir des traitements pour mammites ainsi que sur la base des résultats de concentrations en cellules somatiques. Deux groupes de vaches ont été constitués selon le stade de lactation : un premier groupe rassemblant les vaches dans les 7 jours suivant le vêlage, au sein duquel les animaux ayant eu une mammite clinique ou subclinique étaient comparés aux vaches saines. De même au sein du deuxième groupe constitué des vaches entre 2 semaines et 3 mois de lactations.
Il en ressort que

  • Au sein des deux groupes (première semaine ou début de lactation), l’ensemble des marqueurs sanguins ne montraient pas de valeurs significativement différentes entre les vaches saines et les vaches atteintes de mammites subcliniques.
  • Quelle que soit la période étudiée, les vaches atteintes de mammites cliniques présentaient avant la survenue de cette mammite des valeurs en AGNE et BoH supérieurs aux vaches saines.
  • Le taux de glucose la semaine avant le part était plus élevé chez les vaches atteintes de mammites durant les 7 premiers jours de lactation que parmi les vaches saines.
  • Enfin, le taux d’ASAT était dans la période des trois premiers mois de lactation était plus élevé chez les vaches ayant une mammite dans les 2 semaines suivantes que parmi les vaches saines.

Si le rôle des AGNE dans la favorisation de la survenue des mammites peut trouver son origine dans la dépression immunitaire bien connue lors de bilan énergétique négatif, les mécanismes précis restent à déterminer, de même que pour le niveau d’ASAT, marqueur potentiel d’un défaut d’intégrité hépatique. Le lien directe avec la survenue de mammite mérite néanmoins d’être investigué plus avant.

Cette étude rapporte que le niveau d’acide gras non estérifiés ainsi que l’aspartate aminotransférase (ASAT) pourraient être des marqueurs sanguins d’intérêt en péri-partum pour prédire la survenue d’infections intra-mammaires, et ce probablement en relation avec leur valeur informative sur l’intensité du déficit énergétique (connu pour être associé à une immunodépression). Des études complémentaires dans un plus grand nombre d’élevage est nécessaire afin d’investiguer notamment l’intérêt de l’étude des marqueurs en combinaison (BoH, glucose et ASAT notamment).

 

Référence :
K.M. Moyes, T. Larsen, N.C. Friggens, J.K. Drackley, K.L. Ingvartsen : Identification of potential markers in blood for the development of subclinical and clinical mastitis in diary cattle at parturition and during early lactation - Journal of Dairy Science (2009), 92:5419-5428.