Brève Au Cour du Lait Avril 2008

Quel est l’impact de d’une durée de tarissement raccourcie sur les performances et le métabolisme des vaches laitières ?

L’objectif de cette étude était d’évaluer chez la vache laitière l’effet de différentes durées de tarissement (35, 42 et 56 jours) sur la production laitière, la composition du lait ainsi que sur la balance énergétique. Pour cela, 122 animaux d’une même exploitation ont été assignés de façon randomisée dans trois groupes : groupes 35, 42 et 56 selon la durée de tarissement appliquée. Ces animaux ne devaient pas, pour être inclus dans l’étude, présenter de mammite clinique et devaient avoir une production laitière supérieure à 20 kg/jour. Au final, l’analyse statistique n’a plus concerné que 108 animaux (14 animaux exclus pour maladie, blessure, réforme ou période de tarissement non respectée).

 

Les principaux résultats furent les suivants :

  • note d’état corporel (au tarissement, au vêlage et à 15 semaines de lactation) : les animaux des groupes 42 et 56 ont eu un gain supérieur à ceux du groupe 35 durant la période de tarissement. Toutefois, l’évolution de la note d’état corporel post-partum n’a pas différé entre groupes.
  • production laitière : la production laitière était identique pour les multipares quelle que soit la durée de tarissement. De plus, pour les multipares du groupe 35, le gain en lait produit (du fait du tarissement plus court) a été de 285 kg. En revanche, les primipares du groupe 35 ont produit significativement moins de lait que les primipares du groupe 56.
  • composition du lait (TP, TB, CCS) hebdomadaire pendant 8 semaines : aucune influence de la durée de tarissement sur les CCS. Seules les primipares du groupe 35 ont présenté un TP plus faible que les primipares du groupe 56.
  • Statut métabolique (dosage AGNE, triglycérides notamment) : seules des différences dues à la parité au moment du tarissement ont été observées. Sinon, la durée de tarissement n’a eu aucun impact sur le statut métabolique des animaux. D’ailleurs, l’incidence des troubles métaboliques post-partum a été identique dans les trois groupes.
  • performances de reproduction dans les 4 mois suivant le part (IVI1, TRIA1 notamment) : le nombre d’IA nécessaires était plus faible (2 contre 3) pour les multipares du groupe 35 comparées au groupe 42.

Au final, le raccourcissement de la période de tarissement à 35 jours a un effet négatif sur la production laitière et le TP uniquement chez les primipares. En revanche, ce raccourcissement n’a pas eu d’influence négative chez les multipares de cette étude, et présentait même dans certains cas des effets positifs (légère augmentation de production de lait, meilleures performances de reproduction).

 

Référence :

Pezeshki et al. Effects of short dry periods on performance and metabolic status in Holstein dairy cows. Journal of Dairy Science. 2007 (90), 5531-5541.