Brève Au Coeur du Lait
Mars 2012

 

Quels sont les facteurs de risque influençant à court terme l´issue d´un traitement lors de mammite clinique ?

L´objectif de cette étude menée aux USA était d´étudier les facteurs de risque associés à l´issue d´un traitement d´une infection intra-mammaire de mammite clinique légère (lait modifié) ou modérée (lait et mamelle modifiés),et ce sur une période de 6 à jours post traitement.

Pour ce faire, 4 fermes du Wisconsin (comprenant entre 640 et 1250 vaches en lactation) ont été sélectionnées sur la base de la disponibilité des informations relatives aux mammites et la réalisation systématique des premiers jets. Le niveau moyen de production de lait journalière des vaches de ces troupeaux était de 40.2 kg et le comptage moyen en cellules somatiques de tank était de 218 000 cellules/mL. Au sein des ces fermes, chaque quartier jugé anormal était classé selon la sévérité des signes : atteinte légère (lait modifié seulement), modérée (lait et mamelle modifiés) ou sévère (atteinte de la mamelle associée à une atteinte de l´état général). Les cas étaient alors enregistrés et une vache atteinte ne pouvait être enrôlée qu´une fois dans l´étude. Le nombre maximum de cas pouvant être inclus par ferme était de 50. Les vaches qui avaient d´emblée une atteinte multi-quartiers, une mammite sévère ou qui avaient reçu dans les 14 jours précédant un traitement antibactérien ont été exclues de l´étude. Un prélèvement de lait individuel de quartier atteint était réalisé en double lors du diagnostic, avant réalisation du traitement et, à nouveau, en double, environ 21 jours post-traitement. Tous les échantillons ont été analysés selon les recommandations du NMC.

Les auteurs ont conclu à l´existence d´une mammite si au moins 300 UFC d´une même bactérie étaient isolées d´un prélèvement. Un échantillon a été considéré comme contaminé si 3 colonies d´au moins 2 bactéries différentes étaient isolées.

Le nombre de jours nécessaires pour la guérison clinique a été le délai en jours s´écoulant entre traitement et retour à un lait d´apparence normale. La guérison bactériologique a été déterminée sur la base d´absence de pathogènes isolés lors de la 2ème série de prélèvements de lait individuel des quartiers inclus dans l´étude. Les quartiers atteints ont été traités à l´aide d´un produit intramammaire contenant 125 mg de ceftiofur (durée moyenne de traitement de 4.8 jours).

Dans les facteurs de risque ont été investigués l´effet troupeau, le stade de lactation, la parité, la sévérité de la mammite, l´existence d´un diagnostic microbiologique, la production laitière antérieure, l´existence de cas antérieurs de mammite, les CCS antérieures.

Il en ressort que :

  • Une grande diversité de germes impliqués dans les mammites des vaches de ces 4 exploitations avec cependant en majorité des streptocoques spp (18%), des E.coli et des klebsielles
  • Un taux de guérison plus important lorsqu´il s´agissait de la première mammite traitée au cours de la lactation, lorsqu´aucun pathogène n´était isolé avant traitement et lorsque l´animal atteint était une primipare.
  • Un taux de guérison bactériologique moyen de 77%
  • Un moindre risque pour les vaches ayant présenté une guérison bactériologique de récurrence de mammite clinique et une probabilité plus grande de ces animaux à présenter une concentration en cellules somatiques inférieure à 200 000 cellules/mL lors du prélèvement survenant entre 21 jours et 55 jours post traitement
  • Une moindre chance pour les vaches avec une CCS > 200 000 c/mL avant traitement à présenter une réduction de leur CCS après traitement
  • Une forte association entre non récurrence de mammite clinique, diminution des CCS et guérison bactériologique
  • Une prépondérance du niveau de production laitière de la vache comme facteur influençant le plus sa présence 60 jours post-traitement.

 

Au final, il en ressort que des informations sur l´étiologie des infections intra-mammaires cliniques, l´historique des mammites cliniques et subcliniques et la parité sont des informations très utiles dans un élevage pour orienter le choix des stratégies de traitement.

 

Référence :
Pinzon-Sanchez C., Ruegg P.L.
Risk factors associated with short-term post-treatment outcomes of clinical mastitis - Journal of Dairy Science, 2011, (94): 3397-3410.