Brève Au Coeur du Lait Février 2011

Quel est l’impact des conditions d’élevage des génisses sur la fécondité ultérieure des vaches ?

Dans l’objectif de tester l’influence des conditions d’élevage des génisses (croissance, alimentation, troubles sanitaires) sur leur fécondité ultérieure (intervalle vêlage-vêlage : IVV), ces chercheurs suédois ont étudié les données de reproduction issues de 1550 vaches issues de 107 troupeaux laitiers principalement depuis 1998. Les races représentées étaient principalement la Swedish Red et la Swedish Hosltein. Les données de plus de 3500 lactations ont ainsi pu être utilisées issues de troupeaux dont la taille était comprise entre 28 et 94 vaches, 20% étant en logettes, le reste à l’attache.

 

Les données concernant l’historique sanitaire (diarrhées et troubles respiratoires principalement) des génisses et les conditions d’élevages ont été obtenues par interview et les données de reproduction des vaches obtenues auprès du contrôle laitier. Après une première étape descriptive un modèle multiparité a été construite en ajustant d’un effet vache et élevage aléatoire.
Les variables étudiées comme potentiellement explicatives de la durée des IVV ont été :

  • Des facteurs structurels : le type de logement, la méthode/moment d’observation des chaleurs.
  • Des facteurs individuels : la race, la parité, l’existence de troubles respiratoires avant 3 mois d’âge, l’existence de troubles génitaux du post-partum
  • Des facteurs liés à la lactation : la production laitière 30 j post-partum par exemple.

Les principaux résultats sont présentés ci-après.

  • La durée de vie productive était en moyenne de 27 mois.
  • Les IVV médians étaient respectivement de
    • 381 jours [352-426] jours en première lactation
    • 380 jours [352-425] jours en deuxième lactation
    • 377 jours [351-414] jours en troisième lactation et plus.
  • L’incidence des troubles du post-partum étaient de 2,3% pour les dystocies, 3,3% pour les rétentions placentaires et 4,3% pour les endométrites.
  • Plus de 9% de la variabilité de l’IVV était expliqué par des facteurs niveau troupeau, 12% par des facteurs individuels, le reste étant lié à la lactation (production au pic notamment). L’historique de troubles respiratoires sévères dans le jeune âge était le facteur le plus impactant sur l’IVV (augmentation de 12%) sur la race Swedish Red. L’impact de troubles respiratoires modérés était discordant (bénéfique de manère surprenante sur l’IVV (-7%) pour les Swedish Hosltein et pénalisant (+29% de durée d’IVV) pour les autres races).
  • La détection des chaleurs uniquement lors de la distribution d’aliment était également associée à une augmentation de l’IVV.

Au final, l’influence de facteurs « individuels » au niveau vache étaient plus explicatifs de la variabilité de l’IVV que des facteurs au niveau troupeau (comme le logement ou la détection des chaleurs). Néanmoins, l’ensemble de ces facteurs explique à peine plus 20% de la variabilité. Parmi les facteurs individuels jouant sur l’allongement de la durée de l’IVV, l’existence de troubles respiratoires sévères dans le jeune âge (avant 3 mois) a été retrouvée comme le plus influant, au moins pour la race Swedish Red.


 

Référence :
Hultgren J, Svensson C:Calving interval in dairy cows in relation to heifer rearing conditions in southwest Sweden..Reprod Domest Anim. 2010 ,45(1):136-41.