Brève Au Coeur du Lait Février 2010

Quel est l’effet du parasitisme lié à Ostertagia ostertagi sur les performances de reproduction des génisses et de production lors de leur première lactation ?

Les auteurs de cette étude menée en Espagne avaient pour objectif principal d’estimer l’intérêt d’un test ELISA appliqué à des prélèvements de lait (individuels ou lait de tank) pour estimer la charge parasitaire en strongles au sein de deux systèmes d’élevages a priori à risque différent : un système intensif et un système extensif, afin d’investiguer le potentiel de l’outil ELISA y compris en situation de faible infestation.

 

Pour ce faire, les auteurs ont sélectionné deux zones, l’une intensive ou 133 élevages ont été recrutés et une extensive ou 123 élevages ont été recrutés. Dans chaque élevage, 10 vaches étaient prélevées au hasard (prélèvement de lait individuel) et concomitamment, un prélèvement de lait de tank était pratiqué. Chaque prélèvement était analysé à l’aide d’un test ELISA. De plus chaque élevage faisait l’objet d’une enquête visant à décrire les éléments de la conduite d’élevage à même d’influencer le parasitisme (nature du pâturage, lieu, drainage, traitements). Enfin, les données de production laitière individuelle et niveau troupeau furent récoltées.

Une première étape a alors consisté à comparer si la moyenne des titres en anticorps des 10 animaux prélevés par élevage était corrélée au titre en anticorps trouvé dans le lait de tank. Puis, ces mêmes titres en anticorps ont ensuite été décrits par système de production afin de mettre en évidence une éventuelle différence.
Les différents paramètres de production laitière ont ensuite été mis en relation avec les titres en anticorps obtenus de façon à objectiver un éventuel impact du parasitisme.

Il en ressort que :
Le titre en anticorps du lait de tank est très fortement corrélé au titre en anticorps moyen obtenu sur 10 animaux

  1. Bien que les niveaux en anticorps soient généralement bas, les titres en anticorps retrouvés étaient plus forts dans la zone extensive avec forte utilisation du pâturage (0,388 vs 0,263 : le seuil de 0,4 étant utilisé comme cut-off par certains auteurs)
  2. Dans les deux situations, de façon globale, une corrélation négative a été observée entre les titres en anticorps détectés (individuel ou lait de tank) et les niveaux de production laitière (respectivement individuel ou troupeau) (r2= 0,23 et 0,18 respectivement, avec p <0,001)
  3. Dans la zone avec pâturage intensif, la production laitière était plus forte chez les animaux traités contre les strongles (30 kg/j/animal vs 28 kg/j/animal), et des titres en anticoprs plus bas étaient logiquement retrouvés également chez les animaux traités.

Le test ELISA utilisé dans cette étude permet de façon pertinente de comparer les charges parasitaires entre différents systèmes, voire d’évaluer l’effet de traitements sur cette même charge. Une approche coût-bénéfice reste néanmoins à réaliser.


 

Référence :
S. Almeria, C. Adelantado, J. Charlier, E. Claerebout, A. Bach : Ostertagia ostertagi in milk samples: relationships with herd management and milk production parameters in two Mediterranean production systems of Spain. Research in Veterinary Science (2009), 87, 416-420.