Brève Au Cour du Lait Janvier 2009

Quel est l’impact des boiteries sur la production laitière ?

L’objectif de cette étude menée au Royaume-Uni était d’estimer l’impact économique des boiteries en exploitation laitière, en approchant les pertes de production laitière engendrées par ces affections. Pour cela, durant 18 mois, les données de 5 exploitations laitières ont été utilisées. Ce sont ainsi près de 900 vaches qui ont contribué à l’étude. Les auteurs disposaient pour chacun des animaux de leur production laitière (mesure mensuelle) et savaient si au cours de l’étude la vache avait présenté une boiterie, et si oui à quelle date.

 

Afin de ne pas attribuer une baisse de production à autre chose qu’à la boiterie, les modèles statistiques utilisés ont pris en compte de nombreux facteurs de variation connus pour influencer la production laitière (stade de lactation, parité et ferme d’origine.

Durant l’étude, 70% des vaches ont connu un épisode de boiterie confirmant qu’il s’agit avec les mammites et les troubles de la reproduction des troubles les plus fréquents en élevage laitier. Les troubles observés étaient principalement : ulcère de la sole, maladie de la ligne blanche, fourchet et maladie de Mortellaro. Ces affections ont été observées le plus souvent 3 mois post-partum et plus fréquemment chez les vaches hautes productrices.

Concernant l’impact des boiteries sur la production laitière, les auteurs rapportent une chute de la production dès 4 mois avant le diagnostic de boiterie et jusque 5 mois après ce diagnostic. Cela souligne d’une part la très probable sous-détection et détection tardive de ces troubles et d’autre part leur caractère néfaste à long terme durant toute la lactation. Les auteurs ont ainsi pu estimer les pertes de production à plus de 350 kg durant une lactation pour un cas de boiterie. Au sein de l’échantillon étudié, les pertes allaient de à 160 à 550 kg sur une lactation.

Au final, cette étude confirme l’impact négatif et durable dans le temps des boiteries chez les vaches laitières. Les pertes sur une lactation et leur apparition plusieurs mois avant la détection militent pour un dépistage précoce et systématique des affections podales, sans compter que cette étude ne s’est intéressée qu’à l’impact sur la production laitière sans regarder l’effet sur les performances de reproduction et/ou la longévité des animaux, autres critères technico-économiques très importants.


 

Référence :

Green et al.:The Impact of Clinical Lameness on the Milk Yield of Dairy Cows. Journal of Dairy Science, 2002 (85), 2250-2256.