Brève Au Cour du Lait Avril 2006

Prévalence et associations entre les bactéries isolées des mamelles des vaches taries.

Afin d’estimer la prévalence, l’évolution au cours du tarissement et les associations entre les bactéries isolées des mamelles de vaches taries, des cultures bactériennes ont été effectuées dans 6 troupeaux laitiers.

Les échantillons de lait ont été prélevés sur les quartiers de 480 vaches laitières au moment du tarissement, au cours de l’avant-dernière et de la dernière semaine de la période sèche ainsi qu’au cours de la première semaine de lactation. 5738 échantillons de lait ont ainsi été analysés.

 

Malgré l’utilisation systématique au Royaume-Uni d’un antibiotique au tarissement depuis fort longtemps, un agent pathogène majeur de mammite a été isolé sur au moins un quartier pour 46% des vaches. Un agent pathogène majeur a été isolé sur plus d’un quartier pour 19% des vaches.

Les bactéries considérées sont les suivantes: Streptococcus agalactiae, Streptococcus uberis, Streptococcus dysgalactiae, Staphylococcus aureus et Staphylocoques coagulase négative, Escherichia coli, Klebsiella spp., Enterobacter spp., Citrobacter spp., Serratia spp.et Arcanobacterium pyogenes.

Durant la période autour du vêlage, un agent pathogène majeur a été isolé sur 25% des quartiers (89% des vaches) avec seulement 5% des quartiers (10% des vaches) pour lesquels le même pathogène a été isolé au moins 2 fois, d’où un risque important de ne pas détecter la présence du germe en cas d’analyse bactériologique unique.

L’agent pathogène majeur le plus souvent isolé est E. coli, suivi par S. uberis et par les Staphylocoques aureus. Ceci contraste avec la majorité des autres études bactériologiques conduites sur les mamelles au tarissement (notamment les enquêtes réalisées en France) où les germes pathogènes majeurs les plus fréquemment isolées étaient plutôt des Streptocoques ou Staphylococcus aureus.

Corynebacterium et les Staphylocoques coagulase négative sont les agents pathogènes mineurs les plus fréquemment isolés.

Plus de 90% des bactéries isolées durant la période autour du vêlage n’ont pas été isolées au moment du tarissement, exception faite de Corynebacterium. De plus, la prévalence globale de tous les agents pathogènes majeurs passe de 5,7% au moment du tarissement à 8,6% deux semaines avant le vêlage, puis à 12% la semaine précédant le vêlage pour finalement redescendre à 9,8% durant la première semaine de lactation. Il s’agit essentiellement d’E.coli et S. uberis. Cette évolution peut être due soit à de nouvelles infections contractées au cours du tarissement, soit à une absence de guérison bactérienne pendant la période sèche.

Les effets ferme et mois de vêlage sur les profils bactériens isolés sont significatifs. L’environnement et la conduite d’élevage tiennent donc une place importante dans la prévalence des différentes bactéries isolées. En outre, le risque d’isolement bactérien augmente avec la parité, probablement en lien avec une baisse des défenses de la mamelle.

L’isolement d’E. coli, S. uberis ou de S aureus pendant le tarissement est associé à une augmentation du risque de réforme au cours de la lactation suivante.

La probabilité d’isoler soit E. coli, soit S. uberis augmente en cas de présence de l’autre bactérie dans l’échantillon. Ces deux bactéries semblent donc exercer un effet synergique l’une vis-à-vis de l’autre. La présence d’un Staphylocoque doré augmente également la probabilité d’isoler S. uberis. Certains quartiers sont probablement plus sujets au développement d’une infection bactérienne à moins qu’il n’existe une synergie entre les 2 espèces bactériennes.

 

Références :

GREEN et coll. Prevalence and associations between bacterial isolates fromdry mammary glands of dairy cows. The Veterinary Record. 2005, 156, 71-77.