Brève Au Cour du Lait Mars 2006

Effet spécifique de chaque germe responsable de mammites cliniques sur la production laitière des vaches. Etude sur 3071 lactations.

Staphylococcus aureus, Escherichia coli et Klebsiella spp. sont les bactéries responsables de mammites cliniques à l’origine des pertes de lait les plus importantes. Ces pertes ont lieu non seulement pendant l’expression des signes cliniques mais également bien avant et bien après ceux-ci. L’incidence de ces mammites sur les primipares et les multipares est significativement différente.

 

Une équipe de l’Université de Cornell, aux Etats-Unis, a cherché à estimer les effets spécifiques de la première occurrence des différents germes responsables de mammites chez la vache laitière. L’étude a été conduite entre octobre 1999 et juillet 2001 sur 3071 lactations au sein de 2 élevages de l’Etat de New-York. Les agents pathogènes étudiés sont Streptococcus spp., Staphylococcus aureus, Staphylococcus spp., Escherichia coli, Klebsiella spp. et Arcanobacterium pyogenes. Les vaches mammiteuses sans agent pathogène spécifique isolé constituent le dernier groupe.

L’existence d’une mammite clinique est soit détectée par le trayeur, soit déterminée à partir des variations de mesure de la conductivité du lait (augmentée), de la production laitière (diminuée) et/ou de l’activité physique des vache (diminution, mesurée au podomètre). Les échantillons de lait pour le diagnostic bactériologique sont prélevés sur les vaches en mammite clinique et analysés au laboratoire de l’Université de Cornell.

Les primipares et les multipares sont traitées séparément. Les courbes de production laitière ont été retracées pour chaque groupe de vaches mammiteuses en fonction du germe responsable. Puis, en tenant compte du stade médian de lactation auquel chacun des agents pathogènes déclenche l’apparition d’une mammite clinique, les baisses de production laitière ont pu être évaluées sur toute la lactation, à la fois avant et après le diagnostic bactériologique.

La production laitière commence en général à chuter 1 à 2 semaines avant le diagnostic bactériologique et les vaches mammiteuses ne retrouvent souvent jamais leur niveau de production potentiel. Les pertes en lait les plus importantes ont lieu juste après le diagnostic bactériologique. Celles-ci persistent au moins 70 jours après le diagnostic d’infection mammaire à Streptococcus, Klebsiella ou A. pyogenes.

Le germe le plus fréquemment isolé est E. coli, suivi par Streptococcus. Les mammites sans germe spécifique isolé sont également très fréquentes.

Pour tous les germes, l’incidence des mammites cliniques est supérieure chez les multipares. En moyenne, les mammites cliniques ont tendance à survenir beaucoup plus tôt au cours de la lactation chez les primipares.

Chez les primipares, S. aureus, E. coli, Klebsiella et les mammites sans germe spécifique isolé sont responsables des pertes les plus importantes. Chez les multipares, Streptococcus et A. pyogenes viennent s’ajouter aux 3 bactéries précédentes.

Bon nombre des vaches mammiteuses présentent un niveau de production supérieur aux vaches saines avant le diagnostic bactériologique..

Les résultats de cette étude permettent de diminuer l’impact des mammites cliniques en élevage bovin laitier, en particulier en précisant pour quel type de germe le traitement a le plus de chances de s’avérer rentable.

 

Références :

GRÖHN et coll. Effect of pathogen-specific clinical mastitis on milk yield in dairy cows. Journal of Dairy Science. 2004, 87, 3358-3374.