Brève Au Cour du Lait Février 2006

Mammites subcliniques: les facteurs déterminants de leur guérison en lactation.

Une étude a été menée afin de déterminer les facteurs influençant la guérison bactériologique et le comptage cellulaire chez 722 vaches à mammite subclinique en lactation. Une antibiothérapie intra-mammaire a été utilisée selon deux modalités de durée: soit 2 jours, soit 8 jours de traitement.

 

Les données ont été recueillies dans 111 élevages répartis dans 8 pays européens. Au total, 722 vaches ont été incluses dans l’étude. L’inclusion d’un sujet suppose à la fois une bactériologie positive et un comptage cellulaire > 300000 cellules/mL, sur au moins un quartier.

Les traitements, à base de pirlimycine intramammaire (macrolide, 1 injecteur par jour), sont ensuite répartis de manière aléatoire. Les vaches sont classées par parité croissante dans un premier temps puis par durée de lactation décroissante. Les prélèvements de lait sont renouvelés 3 et 4 semaines après le traitement. Une guérison bactériologique correspond à l’absence de la bactérie isolée initialement dans les deux prélèvements suivant le traitement.

Lors de co-infection d’un quartier, une seule des espèces présentes est retenue selon l’ordre suivant: Staphylococcus aureus, Streptococcus uberis, autre Streptocoque, Staphylocoque coagulase négative, Corynebacterium bovis, et autre.

Voici les principales conclusions qui ressortent de cette étude:

  • Le taux de guérison bactériologique est moins important pour S. aureus que pour les autres espèces. De plus, il décroît avec l’augmentation du nombre initial de colonies.
  • Les quartiers arrière présentent une décroissance du  comptage cellulaire moins importante après traitement que les quartiers avant.
  • La parité influe à la fois sur la guérison bactériologique et le comptage cellulaire. D’une part, plus l’âge avance plus le taux de guérison est faible. D’autre part, la diminution du taux cellulaire après traitement est significativement plus faible chez les vaches les plus âgées car le comptage initial est plus faible.
  • La durée de traitement est primordiale dans sa réussite: le taux de guérison et la diminution du comptage cellulaire sont tous deux statistiquement augmentés lors de traitement de 8 jours comparativement à un traitement de 2 jours.

Les interactions entre les modalités de traitement et les différents facteurs de risque (comptage cellulaire avant traitement, stade de lactation et parité) mériteraient probablement de faire l’objet de recherches plus poussées.

En conclusion, lorsqu’un traitement des mammites sub-cliniques en lactation est envisagé, il faut prendre en compte à la fois les modalités de traitement mais également les autres facteurs de risques tels que l’âge de l’animal et le nombre de colonies présentes initialement dans le quartier.

Notons que ce dernier critère est rarement disponible en élevage, puisqu’il suppose un prélèvement de lait avant tarissement pour recherche bactériologique. Trop coûteux? certainement à éviter en systématique, mais pourquoi pas sur certaines vaches qui posent problème..

 

Références :

DELUYKER et coll. Factors affecting cure and somatic cell count after pirlimycin treatment of subclinical mastitis in lactating cows. Journal of Dairy Science, 2005, 88, 604-614..