Brève Au Coeur du Lait Décembre 2010

Quel est la part de microorganismes détectés dans le lait de tank provenant des matières organiques présentes sur les trayons ?

L’objectif de cette étude menée aux Pays-Bas était d’évaluer la part des microorganismes retrouvés dans le lait de tank (pouvant pénaliser l’éleveur) attribuable aux salissures présentes sur l’extérieur des trayons des animaux. En effet de nombreux microorganismes (spores butyriques, Bacillus cereus ou Listeria par exemple) originaire de l’environnement peuvent contaminer le lait de tank.

 

Pour ce faire, les auteurs ont sélectionné de façon aléatoire 11 troupeaux laitiers (comprenant entre 40 et 125 vaches laitières Prim’Hosltein) aux Pays-Bas, en zéro pâturage, situation la plus fréquente aux Pays-Bas. Puis la présence de marqueurs spécifiques des matières organiques d’origine environnementale ont été recherchées dans le lait de tank. Si la majeure partie des études se basent sur la détection des spores productrices d’acide butyrique, les auteurs ont préféré mesurer la quantité de spores de bactéries mésophiles aérobies afin de maximiser la détectabilité (celle des spores butyriques étant moindre). Afin d’éviter toute contamination du lait analysé par la tuyauterie de la machine à traire, les prélèvements de lait pour recherche des bactéries aérobies mésophiles ont été réalisés sur pot, pour chaque vache lors du contrôle laitier. En même temps que le prélèvement de lait de l’animal, un échantillon des salissures présentes sur la mamelle était effectuée à l’aide d’une chiffonnette (analysées ensuite pour comptage des spores) sur le dessous de la mamelle pour éviter de « nettoyer artificiellement » le trayon et donc diminuer la quantité transmise dans le lait.
Il en ressort les éléments suivants

  • La quantité de spores retrouvée dans les matières organiques présentes sur la mamelle et dans le lait sont très fortement corrélées (r=0.79 ; P=0.02), confirmant lors d’investigation par rapport à des résultats élevés en spores la prédominance de cette source de transmission par rapport au matériel de traite (manchons et ou tuyaux à lait).
  • La moyenne de matières organiques transmise dans le lait était d’environ 60 mg/L avec une variabilité importante (entre 3 et 300mg/L selon les exploitations).
  • Les mesures les plus basses semblent avoir été observées dans les fermes où les pratiques d’hygiène de traite (préparation des trayons notamment) étaient les meilleures.

    Au final, la proportion de microorganismes transmis via les salissures présentes sur les trayons est très variable entre fermes (facteur 100 parfois) et est très corrélée aux techniques de préparation de la mamelle et d’hygiène des trayons. C’est un point essentiel à rappeler lors d’une intervention éventuelle sur une problématique « butyriques » tout en gardant en mémoire que la concentration des spores butyriques dans les fécès varie plus que d’un facteur 10 000 (de 2 à 6 log spores/g). Aussi, si la démarche consistant à vouloir diminuer la concentration des spores butyriques des bouses (maîtrise de la confection de l’ensilage, notamment tassement) est plus « efficiente » que l’aspect propreté et hygiène des trayons, il n’en demeure pas moins que dans un contexte d’alimentation donné, la qualité de l’hygiène de traite est un levier efficace pour réduire la concentration de spores dans le tank.


 

Référence :
Vissers M.M.M, Driehuis F., Te Giffel M.C., De Jong P., Lankveld J.M.G. : Quantification of the transmission of microorganisms to milk via dirt attached to the exterior of teats -
Journal of Dairy Science, 2007, 3579-3582