Brève Au Cour du Lait Décembre 2008

Effets de la conduite d’élevage et de la génétique sur la santé de la mamelle et la composition du lait chez les vaches laitières.

L’objectif de cette étude était d’étudier chez des vaches primipares l’influence de la sélection génétique (orientée vers une plus grande production laitière) d’une part et de pratiques d’élevage (traite 2 ou 3 fois/jour et ration en déficit énergétique ou non) d’autre part sur la santé de la mamelle et la composition du lait durant les 14 premières semaines de lactation.

 

Pour cela, 8 groupes de vaches primipares ont été constitués  (design d’étude en 2x2x2) :
Fort potentiel génétique, ration hautement énergétique, traite 2x par jour (n=14)
Fort potentiel génétique, ration hautement énergétique, traite 3x par jour (n=14)
Fort potentiel génétique, ration faiblement énergétique, traite 2x par jour (n=14)
Fort potentiel génétique, ration faiblement énergétique, traite 3x par jour (n=14)
Faible potentiel génétique, ration hautement énergétique, traite 2x par jour (n=11)
Faible potentiel génétique, ration hautement énergétique, traite 3x par jour (n=11)
Faible potentiel génétique, ration faiblement énergétique, traite 2x par jour (n=11)
Faible potentiel génétique, ration faiblement énergétique, traite 3x par jour (n=11).

La quantité de lait produite, sa composition, la teneur en cellules somatiques ont été évaluées chaque semaine durant 14 semaines. Au cours de l’étude, 3 prélèvements de lait pour bactériologie ont été effectués et l’aspect des trayons a été évalué 4 fois au cours des 14 semaines de l’étude.

Les principaux résultats ont été les suivants :

  • concernant la production de lait, l’écart le plus important a été attribué à la différence de ration, puis au nombre de traites et enfin au potentiel génétique (tableau 1)
  • la ration n’a en revanche eu aucune influence sur la concentration en cellules somatiques ou les résultats des examens bactériologiques
  • les vaches recevant une ration faiblement énergétique avaient des trayons plus calleux et rugueux que les vaches nourries avec une ration hautement énergétique
  • une fréquence de traite plus importante a été associée à une détérioration de l’état des trayons et des concentrations cellulaires mais est resté sans influence sur les résultats des examens bactériologiques
  • les animaux à fort potentiel génétique (production) ont présenté des concentrations en cellules somatiques plus importantes, plus de Staph. aureus et moins de germes environnementaux durant les examens bactériologiques.

Les résultats indiquent qu’une forte production laitière n’est pas un facteur de risque majeur en soi pour la santé de la mamelle durant la première lactation du moins. L’effet de la ration et/ou de la fréquence de traite a été identique quel que soit le niveau génétique des vaches primipares étudiées.

La sélection génétique orientée vers une plus forte production laitière, sans prendre en compte la santé de la mamelle est insuffisante car elle peut compromettre cette dernière. Des compétences plus importantes des éleveurs et un investissement en temps plus grand sur les aspects liés à la santé de la mamelle semblent indispensables dans des troupeaux toujours plus grands. De plus, les efforts de sélection génétique devraient également reposer sur les aspects de santé de la mamelle et du trayon et pas uniquement sur la production laitière optimisable par ailleurs.

Tableau 1. Production et composition du lait dans les différents groupes de l’étude


Traitement

Nb vaches

Lait (kg/j)

TB (%)

TP (%)

Lactose (%)

Urée (mg/100mL)

Groupe génétique

Faible potentiel

44

24.1

4.27

3.13

4.72

24

Fort potentiel

56

25.6

4.32

3.19

4.70

25

Fréquence de traite

2x par j

50

23.3

4.40

3.25

4.73

25

3 par j

50

26.5

4.21

3.09

4.68

25

Ration

Faiblement énergétique

50

20.9

4.38

3.05

4.63

25

Hautement énergétique

50

29.0

4.24

3.24

4.78

24

 

Référence :acdl
Ouweltjes et al.: Effects of management and genetics on udder health and milk composition in dairy cows. Journal of Dairy Science, 2007 (90), 229-238.