Brève Au Coeur du Lait Novembre 2009

Quel est l’effet de la durée de tarissement sur la production laitière et la santé de la vache laitière ?

 

L’objectif de cette étude menée aux USA était d’étudier l’impact d’une période raccourcie de tarissement tant du point de vue de la production laitière que du point de vue santé animale. L’hypothèse formulée par les auteurs était qu’une période raccourcie de tarissement diminuerait l’incidence des cétoses, des métrites, des rétentions placentaires et des déplacements de caillette.

 

Pour ce faire, près de 800 vaches d’un même élevage de 3000 bovins laitiers ont été enrôlées dans cette étude et soumises soit à une période de tarissement « classique » de 55 jours, soit à une période « raccourcie » de 34 jours. Les paramètres de production ainsi que les évènements sanitaires ont été ensuite enregistrés tout au long de la lactation en cours et de la lactation suivante.

Les principaux résultats ont été les suivants

Paramètre

Durée de tarissement

P value

34 j

55j

Production lait k/j (0-100 j)

41.5

43.6

0.007

Production lait k/j (0-300 j)

37.7

39.5

0.001

TB %

3.52

3.45

0.17

TP %

2.83

2.68

0.001

IgG mg/dL (colostrum)

5.62

5.85

0.31

Cas de mammites

153

147

0.94

La production laitière est plus faible chez les animaux avec une période de tarissement raccourcie et cette différence se ressent tout au long de la lactation (540 kg sur la période de 300j) Cette différence est due majoritairement aux vaches en deuxième lactation (pour celles - ci, la production journalière dans le lot de durée de tarissement raccourcie, chute respectivement dans les 100 premiers jours de lactation et sur la période de 300jours de 3.3 kg, p= 0.001 et de 2.3 kg, p=0.01).

Concernant les taux, aucune modification significative du TB n’a été enregistrée mais le TP est légèrement plus élevé chez les animaux à tarissement court.

La qualité du colostrum ainsi que la santé de la mamelle (cas de mammites, ou CCS) n’étaient pas affectées par la durée de tarissement.

Aucune incidence de la durée de tarissement sur le nombre de mammites lors de la lactation suivante n’a été observée.

Le bilan énergétique post-partum semble meilleur au vu des taux en AGNE chez les animaux au tarissement raccourci.

Cependant, cela ne s’est pas traduit par une moindre incidence de troubles métaboliques.
Concernant les paramètres de santé, les taux de cétose, de rétention placentaire, de métrites et de déplacement de caillette n’ont pas différé entre les deux groupes d’animaux.

En conclusion, réduire la durée de tarissement de 55 à 34 jours diminue la production laitière et a tendance à faire augmenter le taux protéique lors de la lactation suivante. Dans cette étude, l’impact négatif sur la production laitière d’une durée de tarissement raccourci a été observé principalement sur des vaches de deuxième lactation alors que la production laitière des 3ème lactations et plus n’a pas semblé significativement affectée. La réduction de la durée de tarissement de 55 à 34 jours n’a pas influé sur la santé des animaux lors de la lactation suivante.


 

Référence :
RD Watters, JN Guenther, AE Brickner, RR Rastani,, PM Crump, PW Clark, RR. Grummer : Effects of Dry period length on milk production and health of dairy cattle. Journal of Dairy Science. 2008. 91:2595-2603.