Brève Au Cour du Lait Novembre 2008

Effet de la saison sur la concentration en cellules somatiques et l’incidence des mammites cliniques.

L’étude rapporte l’effet de la saison sur la teneur en cellules somatiques du lait de tank, l’incidence des mammites cliniques, les concentrations individuelles en cellules somatiques et les germes rencontrés lors de mammites cliniques sur un échantillon de 300 fermes néerlandaises suivies durant 4 ans. Pour l’ensemble de ces paramètres, un effet saison a été observé.

 

L’objectif de cette étude était, au sein de 300 troupeaux laitiers suivis pendant 4 ans, d’étudier l’effet de la saison sur la teneur en cellules somatiques du lait de tank, l’incidence des mammites cliniques, les concentrations individuelles en cellules somatiques et les germes rencontrés lors de mammites cliniques. Pour cela, un modèle d’analyse de survie a été utilisé. Pour l’ensemble des paramètres de santé de la mamelle suivis, un effet saison a été observé.

Ainsi :

  • la teneur en cellules somatiques du lait de tank a augmenté comme classiquement décrit (tous les ans) entre août et septembre,
  • la probabilité pour une vache de voir sa concentration individuelle en cellules somatiques passer au dessus de 200.000 cellules/mL était maximale en août (ce qui explique l’effet vu ci-dessus) (pic probablement du à Strep. uberis)
  • la probabilité pour une vache de voire sa concentration individuelle en cellules somatiques se maintenir au dessus de 200.000 cellules/mL était maximale en mai (du fait de l’installation d’infections chroniques probablement à Staph aureus)
  • les vaches de plus de 4 lactations ainsi que les vaches en fin de lactation avaient une probabilité supérieure de développer ou de garder une forte concentration en cellules somatiques
  • le taux d’incidence de mammites cliniques a été retrouvé comme maximal entre décembre et janvier pour l’ensemble des germes majeurs, sauf pour Streptococcus uberis où le taux était maximal en août,
  • les élevages en zéro pâturage avaient une incidence de mammites colibacillaires plus importante en été qu’en hiver (probablement du fait du caractère chaud et humide de la litière),
  • l’effet de la saison était quasi inexistant pour les germes mineurs, mais pour les germes majeurs il existe en revanche des variations saisonnières,

La connaissance des germes pathogènes impliqués dans les infections intra-mammaires est ainsi essentielle compte-tenu des caractéristiques épidémiologiques et saisonnières différentes de chaque agent. De nombreuses questions se posent quant à Streptococcus uberis, qui partage des caractéristiques de germe à réservoir mammaire et d’environnement. La dynamique de sa transmission et de sa persistance au sein du troupeau reste non éclaircie.

 

Référence :
Olde Riekerink et al. : Effect of season on somatic cell count and the incidence of clinical mastitis. Journal of Dairy Science. 2007 (90), 1704-1715.