Brève Au Cour du Lait Novembre 2007

Comptage en cellules somatiques pendant et entre les traites

Cette enquête avait un double objectif. Le premier objectif visait à étudier si le moment du prélèvement de lait en vue d’un comptage en cellules somatiques (CCS) affectait la sensibilité et la spécificité de l’indicateur CCS pour suspecter la présence d’une infection intramammaire (IIM). Le second objectif de l’enquête était d‘identifier la nature des cellules présentes dans le lait et responsables des variations journalières en CCS.

 

Afin de déterminer si le moment du prélèvement de lait en vue d’un comptage en cellules somatiques affectait la sensibilité et la spécificité de l’indicateur CCS pour la suspicion d’une IIM, des échantillons de lait issus des quatre quartiers ont été prélevés avant la traite matinale, au milieu de la traite matinale, immédiatement après la traite matinale puis toutes les heures jusqu’à la traite du soir, au sein de 6 troupeaux laitiers canadiens.

La figure 1 représente les variations en CCS observées entre les deux traites et la figure 2 représente la sensibilité (aptitude à éviter les faux négatifs) et la spécificité (aptitude à éviter les faux positifs) de l’indicateur CCS (au seuil de 200 000 cellules/mL) pour suspecter l’existence d’une IIM par un germe pathogène majeur ou mineur.

figure 1


figure 2

Ainsi, les prélèvements réalisés juste après la traite matinale surestimaient le nombre d’IIM du fait d’un CCS très élevé, exposant ainsi le praticien à de nombreux faux positifs comme le montre la figure 2. Les valeurs obtenues lors des deux traites étaient identiques.

Le second objectif de l’étude consistait à identifier la nature des cellules présentes dans le lait et responsables des variations journalières en CCS.

La figure 4 montre la répartition des cellules (macrophages, polynucléaires neutrophiles et lymphocytes) entre les deux traites selon que l’on s’intéresse aux quartiers avec ou non une IIM. La proportion de polynucléaires neutrophiles était la plus élevée dans les quartiers avec une IMM juste après la traite. Là encore, une grande variabilité est observée entre les deux traites.

figure 4

Compte-tenu des variations observées, le conseil en matière de prélèvement de lait pour comptage des cellules somatiques est plus que jamais de prélever les animaux juste avant la traite. On s’expose à un nombre de faux positifs très important en pratiquant le prélèvement entre les deux traites.


Référence :
Olde Riekerink et al.: Somatic Cell Count during and between milkings. Journal of Dairy Science. 2007 (90), 3733-3741.