Brève Au Cour du Lait Octobre 2005

Jeunes génisses de moins de 3 mois : qu’est-ce qui les rend malades?

Des Suédois se sont penchés sur 122 élevages dans un article paru début 2005, pour un suivi de 3081 génisses de 0 à 90 jours. Des questionnaires et des observations très précises (mesures de l’ammoniaque dans l’air, de la vitesse de l’air, etc.) ont permis de mettre en évidence les facteurs de risque d'apparition des diarrhées et des troubles respiratoires.

 

Les élevages étaient tous suivis par le Contrôle Laitier suédois, avec une médiane de 48 vaches laitières (entre 28 et 94 VL). La morbidité générale des jeunes génisses était plutôt faible, et la mortalité de 3.5% entre 0 et 90 jours.

Ces génisses sont généralement abritées dans des bâtiments fermés en cases individuelles ou collectives, nourries manuellement ou en DAL (5 L/jour de lait entier ou de lacto-remplaceur, avec accès libre à la paille et aux granulés de concentré dès 7 jours d’âge). Elles ont toujours reçu le colostrum de leur mère, dont elles ont été séparées à la naissance sauf pour 1/3 d’entre elles (entre 8h et 4j de contact avec les mères). Les génisses sont sevrées entre 8 et 11 semaines d’âge.

Il ressort de l’analyse statistique des 40 caractéristiques des élevages pris en considération que:

  • la vitesse excessive de l’air dans les cases (>0.5 m/s) favorise les troubles respiratoires (OR = 3.7), de même que la présence ou l’introduction du virus BVD dans l’élevage (OR=2.39). Il est aussi remarqué que les élevages où l’enregistrement des traitements est mauvais ont un risque plus élevé de développer des épisodes respiratoires.
  • la proximité des cases à veau avec les murs du bâtiment favorise les épisodes de diarrhée (OR=1.92), ce qui pourrait être expliqué selon les auteurs par la radiation de froid ou l’humidité supérieure de l’air et de la litière dans ces cases.

En revanche, ni le statut des personnes qui s’occupent des veaux (familial ou employé), ni l’ammoniac de l’air, ni la procédure de sevrage ne sortent ici comme des facteurs favorisant les épisodes infectieux, contrairement aux conclusions d’autres études.

Retenons une des conclusionspratiques des auteurs : maintenir les élevages indemnes de BVD est un bon investissement pour la santé des veaux.

Au niveau médical, seule la vaccination des mères avec un vaccin qui confère une protection foetale, permet d’atteindre cet objectif de non circulation du virus BVD dans l’élevage.

 

Références :

Lundborg et coll. Herd-level risk factors for infectious diseases in Swedish dairy calves aged 0-90 days. Preventive Veterinary Medicine 68 (2005) 123-143.