Brève Au Coeur du Lait Juillet-Août 2011

Quels sont les signes et méthodes fiables de détection des chaleurs des vaches ?

 

L’objectif de cette revue co-écrite par plusieurs enseignants de reproduction bovine est de faire le point sur les connaissances actuelles concernant la détection des chaleurs chez la vache laitière.

 

Quid des changements de comportement ?
L’acceptation du chevauchement bien que très spécifique n’est pas constante. De ce fait, on doit si possible rechercher d’autre signes évocateur d’une attractivité sexuelle ou d’une réceptivité tels : le reniflage de la vulve d’une autre vache, le flehmen, le fait de poser l’encolure sur l’arrière d’une congénère, le léchage voire des comportements agressifs. L’utilisation de systèmes embarqués (podomètre, accélérateur 3D) permet également de mettre en évidence une augmentation de l’activité et des piétinements.
Quel est le meilleur moment pour inséminer suite à la détection ?
La règle après-midi / matinée est toujours d’actualité (observation de la chaleur le matin, IA l’après midi et inversement). Ce système est particulièrement adapté lors d’observation biquotidiennes des animaux. Lors d’observations plus distantes voire inconstantes, l’IA devrait être pratiquée le plus rapidement possible post-observation du comportement évocateur (12 heures post-ovulation idéalement)
Quels sont les facteurs influençant l’expression et la détection des chaleurs ?
Du côté de l’animal
La génétique peut jouer, mais l’héritabilité de l’expression de l’œstrus est faible (0,21).
Le stade physiologique : des chaleurs (ou plutôt des ovulations) silencieuses étant fréquentes en post-partum.
Le stade de lactation : les comportements de type hyperactivvité lors de chaleurs diminuant au fur et à mesure des lactations (perte de 20% environ de l’activité de piétinement par lactation), tandis que les chevauchements sont plus fréquents sur des vaches multipares.
La production laitière qui affecte l’activité de marche (notamment via le déficit énergétique).
Les boiteries évidemment qui affectent les déplacements et chevauchements des animaux.
Les traitements hormonaux à base de progestagènes augmentant normalement les comportements (fréquence et intensité).
Du côté de l’environnement
En l’absence de possibilité de contact, la présence d’un taureau est sans effet.
L’alimentation : la probabilité de détecter/exprimer des chaleurs étant 8 fois supérieure lors d’alimentation à haute teneur énergétique vs des rations pauvres.
La saison ou plutôt les conditions météorologiques : si l’effet positif de la chaleur n’est pas systématique dans les études, la dégradation de l’expression des chaleurs lors de temps venteux, gris et pluvieux est constante.
Le logement qui doit offrir confort et espace aux animaux (et luminosité pour que l’éleveur puisse observer) et la taille de troupeau(en lien avec les UTH disponibles).
Du côté de l’éleveur
L’efficacité de la détection sur la base des chevauchements varie de 50 à 90%, d’où l’importance de rechercher d’autres signes. Les meilleurs résultats sont obtenus via ta réalisation de trois périodes d’observation de 20 à 30 minutes par jour, en dehors des périodes péri-traite peu favorables.
L’éleveur peut s’aider de systèmes de détection (marqueurs colorés de chevauchement efficacité comprise entre 40 et 80% selon les études), podomètres (sensibilité de l’ordre de 80%), système d’enregistrement de température (dans le lait, entre 50 et 85% mais nombreux faux positifs ; dans le vagin, 85% de sensibilité), conductivité du mucus vaginal
Enfin, le rôle de l’insémination (moment, inséminateur, ovulation) est essentiel lais difficilement maitrisable. Pour améliorer le système, la réalisation d’échographie pour identifier le moment de l’ovulation est parfois citée.

Au final, de nombreux facteurs affectent l’expression/détection des chaleurs des vaches. La combinaison d’une observation active et durable, répétée, avec l’utilisation de systèmes d’enregistrement doivent conduire à une sensibilité satisfaisante.

 

Référence :
Roelofs J., Lopez-Gatius F., Hunter R.H.F., van Eerdenburg F.J.C.M., Hanzen Ch. : When is a cow in estrus? Clinical and practical apsects -Journal of Dairy Science, Theriogneology 2010, (74):327-344.