Dans cette étude, aucun pulsotype identique n’a été retrouvé entre souches humaines d’un côté et bovines de l’autre. Ceci supporte l’hypothèse d’absence de contact entre les deux sources et l’absence de relation épidémiologique. De plus, parmi l’ensemble des souches bovines testées, aucune ne possédait le gène de résistance à la méthicilline, fréquemment rencontré parmi les souches humaines. Parmi les 275 souches bovines testées, 252 étaient sensibles à l’ensemble des antibiotiques testés (ampicilline, erythromycine, céfazoline, chloramphénicol, oxacilline et vancomycine). Enfin, plus de 230 des 275 isolats bovins possédaient un gène assurant une activité leucotoxique majorée spécifiquement contre les leucocytes bovins. Ces résultats confortent l’hypothèse d’une adaptation des souches de S. aureus à leur hôte afin de résister aux mécanismes de défense et d’assurer leur multiplication. Au final, aucune relation épidémiologique n’a été retrouvée (contrairement à une autre étude de Lee en 2003) entre les souches humaines et les souches retrouvées dans le lait de tank : on peut donc supposer l’absence de contact entre les deux sources de contamination. Les résultats confirment l’existence de nombreux facteurs d’adaptation des souches de S. aureus à leur hôte. Quoi qu’il en soit, une hygiène de traite stricte ainsi qu’un recours raisonné aux antibiotiques lors d’infections intra-mammaires restent indispensables afin de limiter une potentielle contamination du lait de tank par les mains ainsi que l’apparition de résistances aux antibiotiques. |