Brève Au Coeur du Lait
Avril 2012

SPECIAL IMPACT SANTE MAMMAIRE

 

Quel est l´impact économique des différents types de mammites cliniques ?

L´objectif de cette étude aux USA était d´évaluer le coût par vache de 3 types de mammites cliniques, différant d´un point de vue étiologique (bactérie Gram positif, bactérie Gram négatif ou autres organismes), pour en déduire les stratégies de traitement les plus rentables selon les cas. Les auteurs ont utilisé pour cela des modèles de simulation qui permettaient en plus d´identifier les composantes de ce coût. Ils ont pris en compte dans leur modélisation Staphylococcus aureus, Staphylococcus spp et Streptococcus spp pour les Gram positif, Escherichia coli, Klebsiella spp, Citrobacter spp et Enterobacter spp pour les Gram négatif et enfin Arcanobacterium pyogenes, Mycoplasma spp, Corynebacterium iovis, Pseudomonas spp et les levures pour le groupe autres organismes.

Les données utilisées pour leurs simulations provenaient de 7 troupeaux de l´état de New York récoltées sur 4 ans et concernaient ainsi près de 24 000 lactations et 14 000 vaches.

Le coût du traitement, issu de ces données et retenu ensuite dans les simulations, était :

  • de 73.5 $ pour une mammite à Gram positif (23.5$ de traitement – dont 8 de traitement antibiotique et 15.5 de traitement adjuvant lié au fait que 50% des vaches recevaient des AINS et une fluidothérapie en IV ou per os – 20$ de lait non commercialisable du fait du respect du temps d´attente à observer, 20$ de temps de travail et 10$ de bactériologie)
  • de 35.5$ pour une mammite à Gram-négatif (15.5$ de traitement en relation avec un taux moyen de 50% des vaches recevant des AINS et une fluidothérapie en IV ou per os pour 15.5$, 10$ de temps de travail, 10$ de bactériologie)
  • de 49.5$ pour les autres mammites (19.5$ de traitement – dont 4 de traitement antibiotique et 15.5 de traitement adjuvant lié au fait que 50% des vaches recevaient des AINS et une fluidothérapie en IV ou per os, 20$ de temps de travail et 10$ de bactériologie ; l´ensemble du coût du lait écarté étant ici considéré comme négligeable car utilisé en lieu et place de l´aliment d´allaitement des veaux)

Pour déterminer le coût global d´une infection intra-mammaire, il a fallu ajouter à ces coûts de traitements, les pertes en lait (atteinte du parenchyme), les effets sur la reproduction, la survenue de cas récurrents de mammite (plus ou moins important selon les types). Les charges en moins (ex du lait écarté donné aux veaux) étaient également prises en compte et venaient en déduction de ce coût.

Il en ressort que, pour une vache :

  • le coût moyen d´une infection intra-mammaire à Gram positif était de 134$
  • le coût moyen d´une infection intra-mammaire à Gram négatif était de 211$
  • le coût moyen d´une infection intra-mammaire autre que Gram positif ou Gram négatif était de 95$.

Il ressort également des données de simulation que la décision de traitement s´avérait rentable dans 93 à 95% des cas, quel que soit le type de mammite.

L´impact économique était surtout le fait:

  • des pertes de lait pour les mammites à Gram négatif (prés de ¾ de l´impact)
  • des coûts de traitement pour les mammites à Gram positif et autres (50% de l´impact) L´effet dégradation de la fertilité pour les vaches atteintes de mammites intervenait pour environ 10% des pertes (environ 15$, 25$ et 10$ respectivement lors de mammite à Gram positif, de mammite à Gram négatif ; et de mammite d´autre origine).

 

Au final, les auteurs de cette étude ont précisé l´impact économique élevé des mammites cliniques, selon leur étiologie et confirmé l´intérê quasi systématique de leur prise en charge. Les pertes de production, partie invisible de l´iceberg au quotidien constituent la partie la plus importante du coût des mammites, notamment celles causées par un Gram négatif.

 

Référence :
Cha E., Bar D., Hertl J.A., Tauer L.W, Bennett G., Gonzalez R.N., Schukken Y.H., Welcome F.L., Gröhn Y.T.
The cost and management of different types of clinical mastitis in dairy cows estimated by dynamic programming - Journal of Dairy Science, 2011, (94):4476-4487