Brève Au Coeur du Lait Avril 2011

Quel est l’impact du statut en concentration de cellules somatiques (CCS ) lors du tarissement sur le risque de développer une mammite clinique lors de lactation ultérieure ?

 

L’objectif de cette étude menée aux USA était de déterminer si le statut en termes de concentrations en cellules somatiques (CCS) au moment d’un tarissement était à risque vis-à-vis de la survenue de mammites dans les 4 premiers mois de lactation.

 

Pour ce faire, 218 vaches de la ferme expérimentale de l’université du Wisconsin (production laitière journalière moyenne: 33.2 kg de lait; tank avec une numération cellulaire de 240 000 cellules /: mL), taries entre août 2005 et juillet 2007 de la ferme expérimentale de l’université du Wisconsin ont été enrôlées dans l’étude. L’ensemble des vaches a fait l’objet de prélèvements systématiques du lait de chaque quartier au moment du tarissement ainsi que dans les 9 jours suivant le vêlage. Ces prélèvements ont permis de définir le statut CCS des vaches durant la période tarie. De plus, lorsque les vaches ont développé une mammite clinique lors des 120 premiers jours de lactation, un prélèvement aseptique du lait de chaque quartier a été également réalisé. Tous les prélèvements de lait ont fait l’objet d’une bactériologie et d’un comptage de cellules somatiques sur le lait de quartier.
La relation entre le statut CCS pendant le tarissement (défini par la comparaison des CCS avant tarissement et après vêlage) et le risque de développer une mammite clinique dans les 4 premiers mois de lactation a été étudiée à l’aide de modèle de type régression logistique, en tenant compte également de la parité, de l’existence d’une mammite clinique durant la lactation précédente, de la saison de vêlage (été, automne, hiver, printemps) et enfin de la durée du tarissement.

Les principaux résultats furent les suivants :             

  • La prévalence des infections intramammaires était de 12.8% au tarissement et de 6.9% dans les 9 jours post-vêlage. Les germes les plus prévalents étaient des staphylocoques coagulase négative (SCN), impliqués respectivement dans 63% et 44% des infections intramammaires au tarissement et en post partum.
  • Durant les 120 premiers jours de lactation, plus de 20% des vaches (47 sur 218) ont développé une mammite clinique, ce qui au final a donné sur cette période un total de 68 cas de mammites cliniques (31 cas pour 100 vaches).
  • Les germes les plus souvent isolés lors de mammites cliniques étaient des bactéries gram négatives alors que les mammites subcliniques (établies sur l’évolution des CCS) ont été causées le plus souvent par des SCN.
  • Aucun des germes isolés lors des mammites cliniques des 4 premiers mois de lactation n’avait été identifié dans les échantillons prélevés lors du tarissement ou lors du post-partum.
  • Les facteurs associés à une augmentation du risque de survenue de mammite clinique étaient : l’existence d’une mammite clinique lors de lactation précédente et un rang de parité au moins égal à 4. Ces deux paramètres étaient chacun associé à un risque 4,2 fois plus important de développer une mammite clinique durant les premiers mois de lactation;
  • Enfin, concernant les teneurs en CCS « durant » la période sèche, les vaches qui avaient une CCS > 200 000 cellules/mL au moment du tarissement et toujours lors du post-partum avaient un risque 2.7 fois plus élevé de développer une mammite clinique que celles ayant à leurs 2 contrôles des CCS < 200 000 cellules/mL.

Au final, cette étude souligne l’intérêt, dans un plan de maîtrise des mammites cliniques  en lactation, du monitoring des CCS sur le lait de quartier au cours de la période tarie en plus de la prise en compte des rangs de parité et de l’existence antérieure de mammites cliniques.

 

Référence :
Pantoja JCF, Hulland C, Ruegg PL.: Somatic cell count status across the dry period as a risk factor for the development of clinical mastitis in the subsequent lactation. - Journal of Dairy Science, 2009, 92 (1): 139-148.