Brève Au Cour du Lait Mars 2008

Quel est l’impact économique de la BVD dans les troupeaux laitiers ?

L’objectif de cette étude menée en Nouvelle-Zélande était d’estimer l’impact économique du virus de la BVD dans les élevages laitiers. Pour ce faire, le statut de 590 troupeaux a été estimé à l’aide d’un test ELISA appliqué sur lait de mélange. Ce test permettait d’estimer la séroprévalence intra-troupeau. Les différents niveaux de séroprévalence observés ont été confrontés aux données technico-économiques des élevages (notamment : performances de reproduction, comptages cellulaires et production laitière).

 

Les résultats rapportent des pertes de production et une dégradation des performances de reproduction dans les troupeaux présentant une étendue importante de l’infection.
Ainsi, lorsque le taux en anticorps du lait de tank augmentait, on a observé

  1. une augmentation de la prévalence des avortements
  2. un allongement de l’IVI1
  3. une augmentation du nombre d’IA nécessaires à la fécondation
  4. une diminution de la production laitière (près de 1kg/j par vache dans les troupeaux avec un % d’inhibition du lait de tank > 80).

Cet impact zootechnique a été ensuite transposé en impact économique par la méthode du budget partiel. Cette méthode est fondée sur la comparaison d’une situation (en l’occurrence ici un certain niveau d’infection par le virus de la BVD) par rapport à une référence (ici un % d’inhibition du lait de tank < 40). Pour la situation choisie, on considère les charges en plus [par exemple coûts de dépistage, de traitement, achats d’animaux] et les charges en moins [par exemple plus besoin de nourrir des génisses mortes ou réformées] d’un côté et de l’autre côté les produits en plus [réformes supplémentaires d’animaux IPI par exemple] et les produits en moins [moins de ventes de génisses amouillantes par exemple].

Au final, dans cette étude, l’impact économique attribuable à la BVD a été similaire aux autres études menées sur le sujet dans d’autres pays à savoir : 87 dollars NZ par vache soit 47€ / vache présente et par an.

Sur la base d’une prévalence de 14,6% de cheptels atteints, on peut estimer l’impact économique global en Nouvelle Zélande à 24 millions d’euros.
 
En conclusion, cette étude rapporte un impact économique non négligeable, au niveau troupeau et même filière, justifiant ainsi la nécessité de disposer de plans de maîtrise de la BVD en élevage laitier.

 

Référence :

Heuer et al.: Economic effects of exposure to BVDV on dairy herds in New Zealand. Journal of Dairy Science. 2007 (90), 5428-5438.