Brève Au Coeur du Lait Février 2011

Comment optimiser la stratégie au sevrage chez les génisses laitières de remplacement ?

L’objectif de cette étude menée en Espagne était d’évaluer l’intérêt potentiel de 2 conduites au sevrage différentes sur les performances de croissance ultérieures et sur l’incidence des troubles respiratoires, soit en allongeant la durée de séjour en logement individuel de 6 jours post-sevrage, soit au contraire en plaçant les veaux en case collective avant le moment du sevrage à l’âge de 7 ou 8 semaines.

 

Pour ce faire 2 études ont été menées.

La première étude a concerné 320 veaux femelles de 12 jours d'âge et 41 kg en moyenne au début de l’essai. Ces veaux femelles étaient conduits en case individuelle, recevaient d’abord deux fois par jour 2 litres de lacto-remplaceur jusque 7 semaines d’âge puis 2 litres une seule fois par jour jusqu’au sevrage. A partir du sevrage, la moitié des veaux était alors placée en case collective (de 8 veaux) et l’autre moitié séjournait 6 jours de plus en case individuelle. Les performances de croissance et l’incidence ultérieure de troubles respiratoires ont été décrites et comparées jusque 7 semaines post-sevrage.

Dans la deuxième étude, 240 veaux femelles (13 jours et 43 kg en moyenne) ont été nourris sur les mêmes bases d’alimentation que précédemment et, dès l’âge de 7 semaines, la moitié des animaux passait en case collective (toujours de 8 veaux) tandis que les 120 autres n’y étaient mises qu’une semaine plus tard. Les performances de croissance ainsi que l’incidence ultérieure de troubles respiratoires ont été comparées jusqu’à l’âge de 112 jours. La consommation alimentaire quotidienne était également enregistrée dans les 2 expériences. Après sevrage, les veaux recevaient l’aliment solide déjà distribué lors du pré-sevrage.

Il en ressort principalement que :

  • Par rapport aux veaux placés en cases collective 6 jours après sevrage, ceux mis en case collective immédiatement après sevrage ont atteint en moyenne le poids final objectif (115kg) 6 jours plus tôt du fait principalement d’une ingestion meilleure. Ils ont connu une incidence plus faible de troubles respiratoires (risque plus de 2 fois plus élevé pour le lot de veaux mis en cases collectives 6 jours post-sevrage : OR 2,24 dans ), ce qui a pu également influencé favorablement leur GMQ.
  • Les performances de croissance des veaux placés en case collective à 7 semaines étaient supérieures à celles de ceux mis à 8 semaines et le nombre de cas de maladies respiratoires par veau plus faible (0,87 cas /veau dans le groupe case collective à 7 semaines versus 1,23 dans l’autre groupe).
  • Une augmentation de la quantité de matières solides ingérées a été observée dans les 2 lots (49 j vs 56j) dans la semaine suivant la mise en case collective, corroborant ainsi d‘autres études rapportant une augmentation de la prise de matière sèche du fait d’une interaction sociale grandissante.

En conclusion, les résultats de cette étude plaident en faveur d’une mise en case collective (8 veaux ici) précoce, vers 50 jours (limitation des phénomènes de stress), et insistent sur l’importance de s’assurer d’une montée progressive de l’apport en matières solides de façon à optimiser le fonctionnement ruminal ultérieur.

 

Référence :
Bach A., Ahedo J., Ferrer A. :Optimizing weaning strategies of dairy replacement heifers.- Journal of Dairy Science, 2010, 93:413-419.