Brève Au Coeur du Lait Février 2010

Quel est l’effet du parasitisme par les strongles sur les performances de reproduction de génisses laitières et sur la production lors de leur première lactation ?

Un parasitisme intense peut entraîner chez les bovins des effets délétères sur la croissance, mais également par voie de conséquence sur la bonne conduite de la reproduction (apparition des premières chaleurs, taille, poids au vêlage..). Certaines études rapportent en ce sens un effet bénéfique d’un traitement anthelminthique pour une survenue plus précoce des chaleurs chez des bovins allaitants, ainsi qu’une taille de bassin supérieure au vêlage sur des génisses laitières traitées.

 

Les auteurs de cette étude menée en Argentine avaient pour objectif principal d’estimer l’impact du parasitisme par les strongles des génisses laitières sur leurs performances de reproduction, ainsi que sur leurs performances laitières en première lactation.
Pour ce faire, l’approche retenue à consister à comparer 2 lots de 20 génisses Holstein, un premier lot servant de témoin (non traité) et un autre lot recevant un anthelminthique à un schéma posologique non rencontré en pratique, ni recommandable (car pouvant favoriser l’apparition de résistances) : 0,2 mg/kg tous les 14 jours de la naissance jusqu’à la première détection de chaleur. Les génisses étaient le plus souvent au pâturage. L’intensité de la charge parasitaire était estimée tous les 14 jours par comptage sur les matières fécales. Les paramètres de reproduction suivants ont ensuite été récoltés puis comparés entre groupe : âge du premier œstrus (œstrus déterminé par suivi de progestérone), âge à la première IA, âge au premier vêlage, nombre d’IA, et conditions du vêlage et santé du veau à la naissance. Concernant les paramètres de production en première lactation, ont été suivis : la production laitière, les taux protéiques et butyreux. De plus, une mesure du taux d’insuline, de GH (Growth Hormone), d’IGF-1 (Insuline Growth Factor) et de prolactine était effectuée une fois par mois pendant la lactation. Le nombre d’animaux réformés a aussi été comparé entre groupes.

Il en ressort que :

  1. L’âge au premier œstrus était avancé en moyenne de 30 jours pour le groupe traité (211 vs 242 jours), pour un même poids d’environ 180 kg pour les deux groupes.
  2. L’âge à la première IA était avancé en moyenne de 70 jours pour le groupe traité (523 vs 594 jours).
  3. En conséquence, l’âge au premier vêlage était avancé en moyenne de 110 jours pour le groupe traité.
  4. Plus d’animaux ont été réformés parmi les non traités (47% versus 11% chez les génisses traitées ; p<0.05), mais aucune information n’est disponible sur les motifs de réforme.
  5. Par contre, l’ensemble des autres paramètres (production laitière, taux, niveaux d’hormones, nombre d’IA, Réussite en première IA) étaient identiques pour les deux groupes en lactation.

Au final, les données obtenues semblent conforter que le parasitisme (par les strongles notamment) peut altérer le délai de mise à la reproduction pour des génisses laitières et par conséquence différer l’âge au premier vêlage.


 

Référence :
M.E. Meija, A.F. Perri, M.M. Miglierina, N. Formia, D. Becu-Villalobos, I.M. Lacau-Mendigo: Effect of anthelmintics on reproductive performance and first-lactation culling rate in Holstein Heifers. Veterinary Record (2009), 165, 743-746.