Pour ce faire, les données issues de plus de 20000 lactations (2/3 de multipares, 1/3 de primipares) dans 7 grandes exploitations laitières ont été compulsées et analysées afin de quantifier l’impact sur la production laitière d’épisodes de mammites cliniques (détectées par le trayeur ou par conductivité du lait), tout en tenant compte d’un effet élevage, du rang de lactation et du stade de lactation.
Sur 20000 lactations, ce sont près de 9500 épisodes de mammites cliniques qui ont été répertoriés avec : - 28% d’épisodes à gram positive (principalement Strepto. uberis et Staph.aureus)
- 32% d’épisodes à gram négative (principalement E.Coli et Klebsiella)
- 15% d’épisodes attribués à d’autres germes (principalement Arcanobacterium pyogenes, des champigons et Mycoplasma)
- 25% de prélèvements sans agent identifié.
32% de multipares ont eu au moins un épisode de mammite clinique (15% un seul épisode ; 12% deux et 5% trois) contre seulement 17% des primipares. Seules 4% et 1% de l’ensemble des primipares ont eu respectivement un deuxième et troisième épisode de mammite clinique. Le nouvel épisode de mammite clinique n’est dû au même genre de bactéries que dans 25% des cas. Concernant l’effet d’un épisode de mammite clinique sur la production laitière, les résultats sont synthétisés dans le tableau ci-dessous. Effets sur la production laitière d’un épisode de mammite clinique selon le type d’agent en cause chez les multipares (exprimés en kg lait et en % de perte). | Multipares | Type d’épisode de mammite clinique | 1er épisode | 2ème épisode | 3ème épisode | Mammite clinique à gram négative | 304 ; 12.6% | 276 ; 12.0% | 295 ; 13.7% | Mammite clinique à gram positive | 128 ; 5.6% | 93 ; 4.5% | 193 ; 3.8% | Pas d’agent retrouvé ou autre que gram positive ou négative | 92 ; 3.8% | 127 ; 5.2% | 74 ; 3.0% |
Les pertes les plus élevées chez les multipares sont observées lors d’infections à gram négative et ce indépendamment du numéro d’épisode clinique. Chez les primipares, il en est de même mais les niveaux de perte lors du premier cas sont moindres que chez les multipares (respectivement 228kg, 133kg et 112kg pour des mammites à gram négative, positive ou autre). Concernant une éventuelle protection conférée par un premier cas de mammite clinique, les auteurs ont observé que le nombre d’épisodes cliniques au sein d’une lactation ainsi que la sévérité des épisodes n’étaient pas diminués par l’existence d’une mammite clinique antérieure et ce quel que soit le stade de lactation et le type d’agent en cause. Au final, les données obtenues dans cette étude ne supportent pas l’hypothèse qu’un épisode de mammite clinique diminue la survenue et/ou la sévérité d’un épisode de mammite clinique du au même germe ; les pertes de productions laitières sont plus marquées lors d’affection à gram négative.
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