Brève Au Cour du Lait Janvier 2008

Variabilité des souches de Streptococcus uberis retrouvées au sein d’une exploitation fonctionnant en tout pâturage.

Les streptocoques environnementaux sont la cause principale des infections intramammaires dans les systèmes basés sur le pâturage et parmi ceux-ci, Streptococcus uberis est le principal dans les systèmes néo-zélandais où existent des fermes à pâturage intensif. Afin de mieux comprendre le cycle de cette bactérie au sein des élevages, le but de cette étude était d’étudier et de quantifier les concentrations en S. uberis dans différentes niches écologiques d’une exploitation laitière en tout pâturage, le tout sur différentes saisons de l’année. Des techniques de biologie moléculaire (multiple locus sequence typing) ont également permis d’étudier la variabilité des souches détectées en regard de leur distribution spatiale dans l’exploitation.

 

La ferme retenue pour l’étude comprenait 93 parcelles. Pour accéder à la stabulation, différents parcours étaient disponibles. Deux types de parcours ont été étudiés plus particulièrement : 4 parcours « très fréquentés » (avec trafic intense) et 3 parcours « peu fréquentés » (avec trafic peu intense). Durant l’étude, toutes les deux semaines, chacun des parcours faisait l’objet de prélèvements environnementaux en trois points fixes afin de détecter l’éventuelle présence de S. uberis. Durant l’étude, toute vache suspecte d’IIM faisait l’objet d’une analyse bactériologique de lait. Enfin, trois pâtures faisaient l’objet de prélèvements un jour avant, un jour après, une semaine après et deux semaines après la mise en pâture des vaches. Pour chaque prélèvement, ce sont 9 échantillons d’herbe et de sol (distants de 100m) qui étaient collectés.

Les principaux résultats ont été les suivants :

  1. Des concentrations plus élevées de S. uberis ont été retrouvées au sein des parcours à trafic intense en comparaison avec les parcours peu fréquentés. Les concentrations étaient également plus élevées en hiver et plus faibles en été.
  2. Streptococcus uberis a été détecté dans les parcelles uniquement après que les vaches y aient pâturé, mais la bactérie a pu être retrouvée dans le sol jusque deux semaines après la fin du pâturage en période hivernale.
  3. Les techniques de biologie moléculaire utilisées ont permis de mettre en évidence une grande hétérogénéité de souches au sein de cette exploitation sur l’année selon les niches prélevées
  4. Une corrélation forte a été retrouvée entre la présence de vaches en pâture et la détection de S. uberis
  5. Une certaine similitude contemporaine entre les isolats obtenus sur le lait et sur les parcours a toutefois été retrouvée

Les résultats obtenus, notamment la similitude entre les souches isolées des parcours et celles isolées lors des IIM, peuvent permettre d’expliquer en partie le mode de transmission observé dans cette exploitation à savoir un cycle vache-environnement -vache.


 

Référence :

LOPEZ-BENAVIDES et al.: Field observations on the variation of Streptococcus uberis populations in a pasture-based dairy farm. Journal of Dairy Science. 2007 (90), 5558-5566.